L’histoire devait commencer par une démonstration. Elle débute par un avertissement. À Sepang, Yamaha lançait officiellement son ère V4, tournant la page du quatre-cylindres en ligne. Mais entre chute, panne et roulage sous surveillance, le constructeur japonais a surtout découvert… l’ampleur du chantier.
Dès mardi, le test bascule lorsque Fabio Quartararo chute et se fracture le majeur. Un incident déjà perturbant. Mais la vraie alerte surgit après son retour en piste : sa machine s’immobilise, victime d’un problème technique.
Le lendemain, Yamaha prend une décision radicale : aucune moto en piste. La cause ? Des soucis non identifiés sur le nouveau moteur V4.
La priorité devient alors la sécurité et la compréhension de la panne. Les usines japonaises et italiennes sont mobilisées en urgence. Ce n’est que jeudi que les M1 reprennent la piste… avec prudence. Alex Rins résume l’atmosphère en fin d’essais : roulage possible, mais « calmement ».
Massimo Meregalli assume ce test sous contraintes et la gestion millimétrée du matériel :
« Comme vous pouvez l’imaginer, tout est neuf et nous n’avons pas beaucoup de pièces. Nous savions déjà en arrivant ici que nous allions devoir gérer ces deux tests, celui de Sepang et celui de Buriram [21 et 22 février, avant le GP de Thaïlande], avec le même matériel. Nous savions exactement le kilométrage de chaque test, et nous savions combien de tours nous pouvions faire [jeudi], car nous voulions être sûrs de pouvoir faire le prochain essai, à Buriram ».
Résultat : seuls Rins, Jack Miller et Toprak Razgatlioglu roulent régulièrement lors de la dernière journée, avec Augusto Fernández aperçu ponctuellement.
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Malgré un programme globalement respecté, les chiffres refroidissent l’optimisme. Le meilleur temps d’Alex Rins (1:57.580) laisse Yamaha hors du Top 10. Pire : la marque reste, avec KTM, la seule au-dessus des 1:57.
La vitesse de pointe confirme la tendance : 335,4 km/h pour Quartararo et Miller, loin des références au-delà des 340 km/h. Meregalli ne contourne pas le sujet : « L’aspect sur lequel nous devons le plus nous améliorer est la puissance. Dans l’ensemble, la moto roule bien et l’équilibre aussi [est bon]. La moto elle-même n’a pas de mauvaises performances. »
Le constat est clair : le châssis convainc, l’aéro progresse, mais le moteur reste en chantier.
« C’était un test productif. Nous avons pu évaluer la plupart des pièces que nous avions programmées. Nous avons sélectionné ceux qui étaient les principaux aspects de ce test, tels que le châssis, le bras basculant et l’aérodynamisme. Ce que nous n’avons pas eu le temps de faire, c’est de perfectionner les ajustements, ce que, bien sûr, nous reporterons jusqu’au test de Buriram. »
Au-delà de la technique, un autre dossier brûle : l’avenir de Fabio Quartararo, annoncé proche de Honda pour 2027. Même si le pilote Français n’a commenté aucune rumeur, il se pourrait bien que les nouvelles difficultés de Yamaha l’incitent à signer plus rapidement que prévu.
Meregalli reconnaît que le timing complique les discussions : « Nous allions parler à Fabio à la fin de ce test, mais malheureusement nous avons dû reporter la réunion. Cela dépend totalement de lui. C’est sans aucun doute une priorité pour nous, mais pour l’instant je pense que tout est entre vos mains. Il a un bien meilleur doigt. Pour nous, il était important d’éviter tout risque supplémentaire. »
Yamaha n’abandonne pas son pari V4. Mais l’euphorie initiale a laissé place à une prudence assumée. Car entre promesse de révolution et réalité mécanique, le constructeur découvre qu’un moteur ne change pas seulement une moto… il change aussi le discours…
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Pour résumer
Le premier grand test du moteur V4 Yamaha à Sepang a été marqué par une panne, un roulage limité et un déficit de puissance. Si le châssis et l’équilibre rassurent, le moteur reste perfectible. Un lancement plus prudent que prévu, dans un contexte déjà sensible autour de Quartararo.
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