Victimes de soumission chimique à l’étranger : « J’étais consciente de tout, mais je ne pouvais pas bouger, rien faire, mon corps était bloqué »

« J’ouvre les yeux, je suis dans un salon de massage, en Chine, avec une bosse sanguinolente, l’arcade ouverte, et des égratignures sur le visage. » Nous sommes la nuit du 31 décembre 2009, à Shanghaï. Aurélie Croiziers de Lacvivier, expatriée depuis six mois et chargée des achats textiles dans une entreprise chinoise, raconte avoir été droguée dans l’un des plus grands hôtels de la ville, le Marriott Marquis City Centre, après une soirée qui avait pourtant bien commencé. « A cette fête du Nouvel An, je bois deux coupes de champagne, trinque avec mes amis, et puis black-out. Je me réveille quelques heures plus tard, sans ma veste ni mon sac à main, dans un salon de massage de la ville, dans un quartier éloigné de l’hôtel. »

Sur le moment, elle ne comprend pas, n’a aucun souvenir : « Je rentre chez moi complètement abasourdie, en mode zombie, comme si je sortais d’une anesthésie, avec des maux de tête, l’arcade en sang et de fortes douleurs aux jambes. » Son compagnon de l’époque pense alors qu’elle lui a été infidèle. Au cours de la soirée, ne la voyant pas revenir, il s’inquiète et consulte les images de vidéosurveillance de l’hôtel. Il y voit Aurélie sortir avec un inconnu et faire la queue pour un taxi. « Pourquoi avais-je suivi un inconnu ? », se demandait-elle.

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