Utiliser son téléphone au volant pourrait bientôt entraîner un retrait immédiat du permis

Quarante-et-un morts sur les routes en 2025. Le chiffre claque comme une portière mal fermée et résonne douloureusement dans le département de la Vienne. Trente victimes l’année précédente, déjà trop, mais un seuil symbolique vient d’être franchi pour la première fois depuis 2007. Moins d’accidents, certes, mais des drames plus violents, plus définitifs. Le constat est implacable et partagé par les autorités locales.

Sur l’A10, au péage nord de Châtellerault, la sous-préfète Judicaële Ruby observe, écoute et alerte. Les contrôles s’enchaînent, les infractions aussi. En toile de fond, une évidence : l’inattention tue. Et parmi les distracteurs modernes, le téléphone portable s’est imposé comme l’ennemi public numéro un, discret mais redoutablement efficace.

Téléphone au volant : vers une tolérance zéro

Jusqu’ici, utiliser son téléphone au volant coûtait 135 euros et trois points. Une sanction connue, intégrée, presque banalisée. Demain, le prix à payer pourrait être bien plus élevé : un retrait immédiat du permis de conduire, même sans infraction associée. Une petite vibration, un regard furtif, et la route s’arrête net.

La Vienne s’inspire des Landes et du Lot-et-Garonne, départements pionniers en la matière. « C’est à l’étude pour une mise en place dès cette année », confirme la sous-préfète. Une décision lourde, assumée, face à l’urgence. L’objectif est clair : provoquer un électrochoc chez les conducteurs et rappeler qu’au volant, chaque seconde d’inattention peut être la dernière.

Des chiffres qui parlent, des vies en jeu

Les statistiques nationales donnent le vertige. En 2024, 590 000 infractions liées à l’usage du téléphone ont été relevées en France. Dans la Vienne, elles sont 2 825, soit mille de plus qu’en 2021. Une progression inquiétante, presque insolente, à l’heure où les campagnes de prévention se multiplient.

Les conséquences, elles, ne sont pas virtuelles. Trente-cinq accidents corporels causés par des distracteurs l’an dernier, quatre morts, quarante-deux blessés. Un accident sur dix est lié au téléphone. Derrière ces chiffres, des familles brisées, des silences définitifs. Le smartphone, objet du quotidien, devient alors une arme par distraction.

Sur le terrain, la réalité des contrôles

Sur l’asphalte, les gendarmes voient défiler les comportements à risque. Une vingtaine de militaires mobilisés, des motos, des jumelles, et un constat sans appel. « En deux heures, on dépasse régulièrement les vingt infractions », observe le commandant Arnaud Hébert, à la tête de l’Escadron départemental de sécurité routière.

Ces opérations, menées lors des journées mondiales sans téléphone, ne relèvent pas de la chasse aux sorcières. Elles rappellent une règle simple, presque évidente : conduire exige une attention totale. L’humour noir voudrait que certains automobilistes tapotent encore un message pour protester. Mais sur la route, le dernier mot revient toujours à la réalité.

Pour résumer

Dans la Vienne, la hausse dramatique des morts sur les routes pousse les autorités à envisager une mesure radicale : le retrait immédiat du permis pour usage du téléphone au volant. Une réponse ferme à un fléau responsable d’un accident sur dix en France.

Jules Sessiwede

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