Une mère de 50 ans interpellée en Haute-Saône après la découverte de deux bébés dans son congélateur mise en examen pour meutres sur mineurs

Des gendarmes devant la maison où les corps de deux nourrissons ont été découverts dans un congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont, dans l’est de la France, le 12 février 2026. Des gendarmes devant la maison où les corps de deux nourrissons ont été découverts dans un congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont, dans l’est de la France, le 12 février 2026.

Une mère de 50 ans, arrêtée jeudi, après la découverte de deux bébés dans son congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont en Haute-Saône, a été mise en examen jeudi soir pour meurtres sur mineurs et placée en détention provisoire, a annoncé vendredi 13 février à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur de Besançon, Cédric Logelin. Aucune autre personne n’a été mise en examen, a-t-il ajouté.

Arrêtée à Boulogne-Billancourt, près de Paris, elle avait été initialement placée en garde à vue pour assassinat, qui suppose un acte prémédité, mais ce chef n’a finalement pas été retenu par le procureur. Elle a reconnu en garde à vue avoir donné naissance aux deux bébés retrouvés mardi chez elle, dans un congélateur, dans cette commune de 1 500 habitants à la limite des Vosges. Devant une cour d’assises, la peine encourue pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans est la réclusion criminelle à perpétuité.

La quinquagénaire, mère de neuf autres enfants de trois pères différents, a expliqué « avoir accouché au domicile » puis avoir « enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l’accouchement » avant de les déposer « dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile », qu’elle était la seule à utiliser, avait précisé jeudi le procureur lors d’une conférence de presse.

Elle a dit avoir « caché » ces grossesses « à son entourage familial et amical », et avoir « inventé des explications lorsqu’elle était interrogée sur ses prises de poids », en mettant « des vêtements amples pour les dissimuler ». « Lors de ses auditions, elle pleurait très régulièrement et se disait désolée pour ses enfants et sa famille », a ajouté le procureur.

Dates des naissances à préciser

Elle n’a pas pu préciser les dates de naissance des deux bébés congelés, qu’elle a situées entre 2011, date de la naissance de son enfant précédent, et 2018, quand elle avait repris une activité professionnelle.

Selon Le Parisien, elle a affirmé devant le juge des libertés avoir fait un abandon de poste à son travail et avoir quitté le domicile en décembre parce qu’elle voulait se séparer de son compagnon. « J’ai pris la décision comme ça. Il n’y avait pas d’arrière-pensée, c’était le moment de partir », a-t-elle déclaré.

La quinquagénaire est partie au Portugal où elle avait rencontré un homme, et c’est pour « clarifier sa situation » administrative qu’elle est ensuite revenue en France, où elle a été arrêtée, a-t-elle encore dit au juge, selon Le Parisien. Les corps des nourrissons doivent être autopsiés vendredi, afin de déterminer les circonstances exactes des décès, et peut-être dater les faits de manière approximative.

Le compagnon de la mère, placé dans un premier temps en garde à vue, a affirmé qu’il « ignorait totalement ces grossesses et qu’il tombait des nues », a déclaré le procureur. Aucune charge n’a été retenue contre lui.

La mère n’avait pas d’antécédents judiciaires. La famille était « honorablement connue » et n’avait « pas de difficultés » apparentes, avait précisé jeudi une autre magistrate du parquet, Christine de Curraize.

Selon le maire du village, Jean-Claude Tramesel, la famille habitait la commune depuis une vingtaine d’années mais n’y travaillait pas. « Ce sont des gens qui ne font pas parler d’eux. »

Le Monde avec AFP

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