Un paradoxe inédit : numéro 1 des importations, cette voiture n’est pas encore lancée officiellement en Europe… mais explose déjà tous les compteurs

C’est un succès qui force le respect et interroge tout à la fois. Sans être officiellement lancée en Europe, la Xiaomi SU7 s’impose déjà comme le modèle le plus importé sur le Vieux Continent. Une performance remarquable, presque déroutante, qui illustre à quel point le marché automobile électrique évolue plus vite que les calendriers des constructeurs… et que la notion même de “lancement officiel” semble désormais dépassée.

Xiaomi SU7, le carton européen d’une voiture… qui n’existe pas encore officiellement

En théorie, Xiaomi ne doit poser ses valises en Europe qu’en 2027. En pratique, sa SU7 roule déjà sur les routes européennes comme si elle y avait toujours eu sa place. Non pas via le réseau classique de concessions, mais grâce à des particuliers prêts à contourner les circuits traditionnels pour obtenir le modèle qu’ils désirent, au moment où ils le souhaitent. Ce mouvement s’appuie sur un canal désormais bien rodé : l’importation parallèle, portée par des plateformes spécialisées capables de gérer tout le processus, de la sortie d’usine en Chine jusqu’à l’immatriculation et l’homologation en Europe.

Le résultat est sans appel. Xiaomi figure aujourd’hui à la tête des marques les plus importées dans pas moins de 16 pays européens, alors même qu’elle n’y est pas officiellement commercialisée. Une situation presque ironique, qui confirme encore une fois que la demande précède l’offre institutionnelle. L’acheteur européen n’attend plus qu’un constructeur lui “ouvre la porte” : il la pousse lui-même, surtout si les facteurs les plus importants sont réunis.

265 000 km en 18 mois : voici comment la Xiaomi SU7 s’impose en Europe avant même son lancement officiel

Le succès deXiaomi, désormais célèbre pour ses voitures plus que pour ses smartphones, ne s’explique pas par des versions édulcorées ou d’entrée de gamme. Bien au contraire. Ce sont surtout les déclinaisons les plus performantes de la SU7, notamment les versions haut de gamme et Ultra, qui séduisent en Europe. Malgré des droits de douane élevés, plus de 35 % de frais supplémentaires et un prix final flirtant parfois avec les 50 000 euros, la demande reste solide. Un message limpide envoyé à l’industrie : le produit convainc, même en dehors de tout cadre officiel.

Mais l’attrait pour la SU7 ne se limite pas à son design ou à ses performances ; il concerne également deux aspects longtemps sensibles des voitures électriques : la capacité et la longévité de sa batterie. Un exemplaire de Xiaomi SU7 ayant parcouru 265 000 kilomètres en seulement 18 mois apporte un élément de réponse concret. L’état de santé de sa batterie reste jugé très satisfaisant, avec une dégradation contenue, loin des scénarios catastrophes longtemps associés aux véhicules électriques. Une donnée qui pèse lourd dans la balance pour des acheteurs encore hésitants face à la durabilité réelle de ces technologies.

Ce point renforce l’image d’une marque qui ne se contente pas de débarquer avec un logo connu, mais qui propose un produit techniquement crédible, capable d’encaisser un usage intensif sans perte majeure de performances. Pour un constructeur aussi jeune dans l’automobile, le signal est fort.

Xiaomi conquiert l’Europe : alerte chez les constructeurs historiques ?

Pendant ce temps, les marques européennes observent. Et probablement s’inquiètent. Voir une berline électrique chinoise s’imposer sur le marché par la seule force de l’importation parallèle, sans réseau officiel ni marketing local massif, a de quoi faire réfléchir. D’autant plus que les plateformes d’importation envisagent désormais l’ouverture de centres de service en Europe, renforçant encore la légitimité de ces circuits alternatifs.

Reste une question clé : que se passera-t-il en 2027, lorsque Xiaomi arrivera officiellement en Europe ? Avec une SU7 vendue en Chine autour de 25 000 euros, et des prix européens qui pourraient être plus compétitifs une fois les circuits officiels en place, le constructeur pourrait bien transformer ce succès officieux en véritable déferlante commerciale.

Pour résumer

La Xiaomi SU7 connaît un succès inédit en Europe, malgré un lancement officiel prévu seulement en 2027, grâce à l’importation parallèle qui permet aux particuliers de se procurer le véhicule directement depuis la Chine. Les versions haut de gamme et Ultra séduisent particulièrement, même avec des droits de douane élevés et un prix final proche de 50 000 euros. Ce succès démontre la crédibilité technique de la marque et préfigure un impact majeur sur le marché européen, obligeant les constructeurs traditionnels à repenser leur stratégie.

Jéthro Tissot

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