
L’homme, originaire de Lansac en Haute Gironde, est jugé pour harcèlement sur son ex-compagne, violences…
L’homme, originaire de Lansac en Haute Gironde, est jugé pour harcèlement sur son ex-compagne, violences sans incapacité et menaces de mort à Saint-André-de-Cubzac. Pendant près d’un mois, il l’a appelée et envoyé des messages de façon obsessionnelle, jusqu’à « 31 appels dans une seule journée ». « Je n’en peux plus. Je ne dors plus. Je ne mange plus. Je me sens prise au piège », confie la victime lors de ses auditions. L’homme va jusqu’à lui faire des reproches lorsqu’il constate que sa voiture n’est pas sur le parking de son travail alors que selon lui, elle devrait y être. Un médecin psychiatre évoque un « syndrome d’anxiété massif », avec troubles du sommeil, de l’appétit, attaques de panique et état dissociatif, « fréquemment retrouvés chez les victimes de violences conjugales ».
« Si tu vas déposer plainte, je te tue »
La séparation, initiée plusieurs mois plus tôt après dix-huit ans de vie commune et deux enfants, n’a jamais été acceptée. « Il continuait à m’appeler ‘‘mon amour‘‘, ‘‘ma chérie‘‘, comme si rien n’était fini », raconte la victime. Jusqu’à cette journée de janvier où, venu récupérer un objet au domicile, la situation dégénère. Ce jour-là, il lève le poing à deux reprises (sans frapper), tire sur la serviette de son ex-compagne qui chute et se retrouve dénudée. Puis les mots, glaçants : « Si tu vas déposer plainte, je te tue ».
Dans le box, le prévenu apparaît calme, presque effacé. La voix basse, il s’excuse à de multiples reprises. « Je ne voulais pas la faire tomber, je voulais juste la retenir. Je me suis excusé », affirme-t-il. Sur les menaces de mort, il temporise : « Avec l’adrénaline, je ne m’en souviens pas… mais ce n’est pas une menteuse ». Il évoque sa solitude : « Je n’avais plus personne à qui parler ». Et assure avoir pris conscience : « Ces trois jours en prison ont été un électrochoc. Je veux la laisser tranquille. Qu’elle vive sa vie ».
Mais le parquet se montre sceptique. « Vous avez deux visages », lance la procureure. « Un homme penaud à la barre, qui s’excuse beaucoup, et celui que la victime décrit : impulsif, autoritaire, insistant ». Elle rappelle que le même discours avait déjà été tenu avant l’incarcération. « Deux jours et demi de détention ne suffisent pas à effacer votre envie de reprendre cette relation de dix-huit ans », insiste-t-elle, pointant une escalade préoccupante : alcoolisation, menaces répétées, instrumentalisation des enfants. « Faire mal, ce n’est pas seulement donner des coups », abonde l’avocate de la partie civile. « C’est cette oppression permanente, cette peur diffuse, ce mal insidieux mais bien réel ».
L’autorité parentale retirée
Me Constance Duval-Véron, pour la défense, plaide une période de souffrance aiguë, une rupture mal vécue. « Il s’est enfermé dans sa douleur, dans l’alcool. Il n’avait conscience de rien », explique l’avocate, contestant le risque de passage à l’acte. Le prévenu conclut, presque implorant : « Je ne suis pas méchant de base. Je veux juste ne pas aller en prison, sinon je n’ai plus rien ». Le tribunal tranche nettement. Douze mois de prison, dont huit avec sursis probatoire, maintien en détention, interdiction stricte de contact, de paraître au domicile de la victime et aux abords de son travail, obligation de soins, stage de prévention des violences conjugales, indemnisation de la victime. Et une mesure rare : le retrait de l’autorité parentale, en raison de « l’instrumentalisation manifeste » des enfants.
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