
Sol a 17 ans et le regard triste. « Je n’avais pas 12 ans, raconte-t-elle. Je voulais suivre mon frère, mais ils ne voulaient pas de moi parce que j’étais trop petite. » « Ils » se sont les guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) qui sévit dans plusieurs régions de Colombie. « J’ai fini par les convaincre. Ils m’ont envoyée en formation, poursuit Sol. Et là, j’ai compris mon erreur. » Les marches dans la jungle sont exténuantes, les repas frugaux et les nuits trop courtes. « On nous réveillait à 3 heures du matin, parfois avant », se souvient l’adolescente, qui à 12, ans savait déjà manier le fusil. « La mitraillette », corrige-t-elle. En évoquant son premier combat, Sol frissonne. « Ça fait tellement peur. »
Des mains rouges couvrent les banderoles déployées, jeudi 12 février, sur la place Bolivar, à Bogota. Elles sont le symbole de la Journée internationale contre le recrutement d’enfants. Toutes les institutions publiques et les organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre le phénomène sont là. La directrice de l’Institut de protection de l’enfance, Astrid Caceres, lance un énième appel aux organisations armées qui sévissent dans le pays. « Le recrutement d’enfants est la plus rouge des lignes rouges de la guerre, lance-t-elle au micro. Rendez-les. Battez-vous entre adultes. »
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