Renault navigue actuellement entre deux eaux. D’un côté, le constructeur au losange affiche une réussite indéniable avec ses petits électriques comme la R5 ou la R4, qui séduisent par leur design rétro-futuriste et leur prix maîtrisé. De l’autre, la marque constate ce que tout le monde sait déjà : l’adoption du 100 % électrique traîne des pieds, surtout sur les segments supérieurs. Résultat ? Renault prépare activement un plan B pour sa nouvelle plateforme destinée aux segments C et D, prévue pour 2028.
Cette architecture, qui succédera à l’actuelle CMF EV, devrait afficher une réduction des coûts de 40 % et embarquer une technologie avec prolongateur d’autonomie. Une solution développée par HORSE, la coentreprise formée entre Renault et le chinois Geely, qui permet de transformer n’importe quel véhicule électrique en modèle à autonomie étendue. Concrètement, un petit moteur essence de 1,5 litre joue le rôle de générateur pour recharger la batterie en roulant, sans jamais entraîner directement les roues.
Une réponse à l’angoisse de l’autonomie ?
Bruno Vanel, directeur produit chez Renault, assume pleinement cette stratégie hybride : “Nous avons une approche à deux niveaux”. Traduisez : l’électrique reste la priorité, mais Renault ne veut pas se couper des marchés où l’infrastructure de recharge demeure insuffisante. L’Espagne et l’Italie sont clairement dans le viseur, des pays où l’anxiété liée à l’autonomie reste prégnante.
Cette technologie diffère fondamentalement des hybrides rechargeables classiques que nous connaissons depuis des années. Ici, le moteur thermique ne propulse jamais le véhicule : il se contente de produire de l’électricité. Stellantis a déjà inauguré ce système en Europe via sa marque chinoise Leapmotor, avec des résultats prometteurs en termes d’autonomie. Renault espère manifestement reproduire ce succès avec le futur Mégane et plusieurs SUV de sa gamme.
Un Mégane électrique… mais pas seulement
Les photos espion de la prochaine Mégane laissent entrevoir l’arrivée probable de cette technologie à prolongateur d’autonomie. Le concept Emblème, présenté récemment, pourrait bien préfigurer ce que sera la berline compacte de demain : électrique par défaut, mais capable d’embarquer ce “superhybride” pour rassurer les clients réticents. Avec plus de 1 000 kilomètres d’autonomie annoncés, Renault vise clairement à éliminer l’un des principaux freins à l’achat d’un véhicule électrifié.
Plutôt que de s’obstiner dans le tout-électrique coûte que coûte, le constructeur français adapte son offre aux réalités du marché. Une approche qui pourrait s’avérer payante, à condition que cette technologie ne devienne pas un prétexte pour retarder indéfiniment la transition énergétique. D’autant plus que, techniquement, cela ressemble davantage à une usine à gaz qu’à une vraie solution pérenne pour ‘avenir de l’industrie.
Marques et modèles :RENAULT
La future Renault Mégane avec plus de 1 000 km d’autonomie ?
Renault développe une technologie électrique à prolongateur d’autonomie pour ses futurs modèles compacts. Un moteur essence fait office de générateur pour recharger la batterie, promettant plus de 1 000 km d’autonomie. La future Renault Mégane pourrait être le premier modèle concerné.
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