Chez Red Bull, il n’y a pas deux soleils. Il n’y en a qu’un. Et il s’appelle Max Verstappen. À l’aube d’une nouvelle saison de F1, marquée par des essais prometteurs à Bahreïn, les observateurs s’interrogent : le quadruple champion du monde est-il encore plus fort qu’avant ?
Et surtout, que peut espérer Isack Hadjar face à lui ? Deux anciens champions, Damon Hill et Johnny Herbert, ont livré une analyse sans filtre. Johnny Herbert, longtemps critique envers Verstappen, reconnaît une évolution nette. « Max a-t-il mûri au cours de la dernière année ? Je dirais, absolument oui. » L’ancien pilote britannique a même été surpris par l’attitude du Néerlandais en fin de saison passée.
« J’étais tellement content. Il y avait toutes ces discussions à propos de la dernière course à Abu Dhabi, sur le fait de ralentir tout le monde et d’essayer de gagner le championnat de cette façon, il n’est pas allé du tout sur ce terrain-là. C’était merveilleux à voir. »
Pour Herbert, la paternité aurait joué un rôle dans cette transformation. « Cela semble être lié à la famille, en fait. Pour moi, il apparaît comme un Max beaucoup plus doux qu’avant. »
Mais l’ADN du champion reste intact. « Mais ensuite je vais en Espagne, et je vois son coup de roue avec George. Donc il y a encore des éléments de ce côté-là [le côté fougueux] qui sont toujours là. Mais je pense que dans l’ensemble, il a énormément mûri. »
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Hadjar face à l’ogre Verstappen : mission impossible ?
Damon Hill va encore plus loin. Selon le champion du monde 1996, Verstappen aurait été titré même au volant d’une McLaren. « Quand il a dit “J’aurais gagné ce championnat bien avant n’importe qui d’autre si j’avais eu la McLaren”, je suis plutôt d’accord avec ça. »
Le décor est planté : Verstappen est la référence absolue. Dans ce contexte, Isack Hadjar devra accepter une réalité brutale. Hill prévient sans détour :
« Il va être en quelque sorte le souffre-douleur de l’équipe, n’est-ce pas ? Le mieux que puisse faire Hadjar est d’obtenir une petite tape sur la tête de la part de Max ? Et l’équipe qui dit en quelque sorte : “Tu as fait tout ce que tu pouvais.” Il va devoir accepter que dans cette équipe, Max règne, et qu’il est là comme un second rôle, et la question est de savoir si l’on peut accepter cela en tant que compétiteur, car est-ce que Max ferait ça ?
Non. Donc en d’autres termes, êtes-vous de l’étoffe d’un Champion du Monde si vous pouvez accepter d’arriver numéro deux ? Cela doit être vu comme pour Hadjar… s’il va faire ce travail chez Red Bull, il va devoir dire : “Ok, je suis ici pour me renforcer, pour apprendre, afin d’être numéro un à un moment donné quelque part.” Mais comment communiquer cela sans bouleverser l’ordre établi ? »
Le défi est autant psychologique que sportif. Herbert, lui, laisse une porte entrouverte : « Peut-il le faire ? Oui. Mais il doit bien jouer son jeu pour y parvenir, probablement pas l’année prochaine, dans les deux prochaines années ? Je dirais probablement, oui. »
Chez Red Bull, la hiérarchie est claire. Verstappen ne partage pas la lumière, il la concentre. Pour Hadjar, l’équation est simple : apprendre sans s’effacer, progresser sans provoquer.
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Pour résumer
Damon Hill estime qu’Isack Hadjar devra accepter un rôle de second chez Red Bull face à Verstappen, qu’il qualifie de référence absolue. Johnny Herbert salue la maturité croissante du Néerlandais. Le défi d’Hadjar sera autant mental que sportif.
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