
« Je suis désolé de ce qui vous est arrivé, et des regrets, j’en ai, mais des excuses, je ne vous en ferai pas, parce que j’ai fait mon travail. Peut-être pas très bien, c’est vrai, mais imaginez aussi ce qu’on a vécu. » Au procès de neuf CRS pour des violences commises dans un restaurant Burger King contre des « gilets jaunes », le 1er décembre 2018, le major Raphaël A. a tenu à adresser directement aux parties civiles ces quelques mots, condensé des deux premiers jours de débats.
Depuis le 9 février, lui et ses collègues de la CRS 43 de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) se serrent sur deux bancs du tribunal judiciaire de Paris. Ils se sont succédé à la barre pour décrire une journée hors du commun, débouchant sur un épisode « malheureux », qui ne serait pas arrivé si leur hiérarchie ne les avait pas abandonnés, et si les parties civiles s’étaient dispersées plus tôt. Ces dernières, les manifestants Nathan Artaud, Manon Retourné et Maxime Meilhac, et le photojournaliste Adrien Lévy-Caries, après avoir dû justifier leur présence sur les lieux, ont laissé percer une pointe d’amertume face au positionnement des prévenus.
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