Pêche du bar : Tentez les gros bars à l’ultraléger

Pêche du bar : Tentez les gros bars à l’ultraléger

La côte nord du Finistère, et plus particulièrement au niveau de l’aber Wrac’h, est un coin très intéressant pour la pêche du bar. Un coup d’œil sur une carte permettra de constater que cette côte est composée de nombreux îlots Egalement  de blocs granitiques et d’étendues de sable et de vase. Donc une zone parfaite pour pêcher le bar depuis le bord.

À cette période de l’automne, les bars chassent les alevins de l’année qui, par milliers, cherchent leur nourriture dans les zones protégées. Plus exactement là où le vent a amassé du plancton, et généralement il s’agit des bordures. Que ce soit en mer ou en eau douce, les zones intéressantes regroupent une densité importante de micro proies qui sont à la base de la chaîne alimentaire. De fait, les bars ne sont jamais loin.

Et c’est une aubaine pour le pêcheur. Souvent on considère souvent que les berges battues par le vent sont favorables. Cela est presque toujours vrai. Mais ce ne sont pas les vagues qui sont à l’origine de l’accumulation de nourriture, mais les courants. Ainsi les vagues sont un indicateur visuel. Quand elles se fracassent sur ces zones, il est facile de repérer où pêcher.

Pêche du bar : Tentez les gros bars à l'ultraléger

Pêche du bar : Tentez les gros bars à l’ultraléger

Repérer les poissonnets

À l’automne, avec la mer plus agitée, la température qui baisse, des myriades de petits poissons évoluent sur les bordures. Il ne faut pas établir sa pêche sur un balayage aveugle de la zone ou des lancers longue distance, mais sur une approche plus chirurgicale. Étape numéro un : prendre le temps de bien observer la zone de pêche, surtout si, comme aujourd’hui, c’est une première. Le Chasseur français a suivi Enzo, pêcheur talentueux et passionné. Lunettes polarisantes vissées sous la casquette pour repérer les petits poissons, il cherche minutieusement ces milliers de poissonnets de la taille d’un doigt qui soudain apparaissent devant nos pieds.

Enzo a grandi dans les marais de Vendée, et il a passé son enfance à accompagner son père à la chasse aux canards et à pêcher les carnassiers. Sa passion est la pêche du black-bass aux leurres. Les conditions de pêche du bar sont très proches de ce qu’il pratique en eau douce. Des postes précis, des poissons évoluant dans peu d’eau et demandant une approche discrète. Même s’il porte des waders, Enzo reste à plusieurs mètres de l’eau pour effectuer ses premiers lancers.

Pêche du bar = montage discret

Les petits poissons et les bars possèdent une excellente perception de leur environnement. Ils sont d’autant plus sensibles et craintifs qu’ils évoluent dans très peu d’eau. La silhouette d’un pêcheur se découpant sur fond de ciel ou ses pieds se posant lourdement sur le sol seront perçus comme un danger. Et entraîneront la fuite des poissons.

Les bars sont capables de chasser dans très peu d’eau. Parfois, quelques dizaines de centimètres suffisent à tenir un gros poisson. Mais encore faut-il savoir lui présenter correctement un leurre. Pour cette pêche, on abandonne les gros classiques de la traque du bar. Quand il évolue en pleine eau et en profondeur, un leurre monté sur une tête plombée de 30 ou 40 g fonctionne. Mais ici elle aurait pour effet de faire fuir tous les poissons de la zone.

Enzo utilise un leurre souple monté sur un hameçon texan non lesté, certainement le montage le plus discret. Il est redoutable, car les bars embusqués au cœur des obstacles ne sont pas encore habitués à voir évoluer ce type de leurre. En plus d’être discret, le montage texan limite fortement les accrochages et permet de prospecter des zones où aucun autre montage n’aurait pu passer.

Pêche du bar : Tentez les gros bars à l'ultraléger

Pêche du bar : Tentez les gros bars à l’ultraléger

À l’origine, comme nous l’indique Enzo, le montage texan a été conçu pour séduire les black-bass cachés dans la végétation. Seul le poids du leurre permet au montage d’atteindre la distance de lancer désirée. Il va permettre de pêcher des postes précis mais sur des zones restreintes. Pour atteindre des distances de lancer un peu plus importantes ou si le vent forcit, notre pêcheur utilise un hameçon texan très légèrement lesté.

Une autre possibilité est d’utiliser des leurres de grande taille dont le poids permettra des lancers à plus grande distance. Lors du premier passage, Enzo commence son animation dès le contact avec la surface de l’eau. Ainsi le leurre est alors utilisé comme un leurre flottant. Au second passage, il le laisse descendre doucement et le manie sur le fond.

Pour la pêche du bar à l’ultraléger, variez les animations

Les animations peuvent être très différentes et leur efficacité va dépendre de l’humeur des bars. Certains jours, ils vont réagir à des animations très lentes avec de nombreux arrêts sur le fond. À l’inverse, c’est parfois des tirées très sèches et saccadées qui déclenchent les attaques.

De petits ronds apparaissent à la surface : c’est un banc de poissons qui vient de trahir sa présence. La scène n’a pas échappé à notre ami et il lance. Son leurre se pose à quelques mètres du banc… Enzo nous expliquera plus tard : « Je ne commence jamais par lancer directement dans le banc car cela met la pagaille et tous les petits poissons s’enfuient. Donc je peigne autour des poissons, et c’est seulement après plusieurs lancers que je traverse la zone. »

Dès le second lancer, le leurre de notre ami se fait happer par un bar. La canne haute, Enzo bride sévèrement le carnassier : il mène le combat fermement. Il faut éviter que le poisson se réfugie dans les rochers coupants. Maîtriser un beau poisson sur une canne aussi légère demande une bonne dextérité et des nerfs solides. Mais notre ami est champion à ce petit jeu, et c’est un superbe poisson qu’il me présente pour la photo souvenir. Pas de doute possible : on peut capturer de très gros bars dans peu d’eau, à proximité de la berge et avec un petit leurre peu lesté !

Un équipement très léger

Il est possible de capturer de gros bars avec un équipement très léger et des leurres de quelques grammes.

Les zones rocheuses riches en goémon sont fréquentées par les bars en automne.

Avec la démocratisation des leurres souples, le montage texan est devenu incontournable. Rares sont les boîtes qui n’en contiennent pas quelques exemplaires. Au départ, beaucoup de pêcheurs étaient sceptiques sur l’efficacité de ce montage pour piquer des poissons. Et pourtant, à l’usage, le nombre de touches manquées n’est pas si différent qu’avec un montage classique.

En général, il est nécessaire d’appuyer un peu plus lors du ferrage pour permettre à la pointe de l’hameçon de bien se dégager du leurre. Et de pénétrer dans la gueule dure des carnassiers. Le choix de la qualité a son importance. Et il faut privilégier des hameçons de bonne facture, certes plus chers mais aussi plus piquants.

Le matériel d’Enzo Canne : Megabass Destroyer French Limited F3. Cette canne de 2,40 m et d’une puissance de 3,5 à 14 g est parfaite pour cette pêche : légère, très sensible, mais dotée d’une importante réserve de puissance. Moulinet : Spinning 2500. Tresse : YGK Real Sports G-Soul Super Jigman X8 en PE 0,8 (soit 16 livres) et un bas de ligne de 2 m en fluorocarbone. Leurres : Enzo utilise des leurres souples de type slug ou finess tels que X-Layer et Sling Shad de Megabass. Mais pour des poissons entre deux eaux, il utilise de petits shads : Hazedong Shad de Megabass et One Up Shad de Sawamura Hameçons texans : Worm 13 S Salt et Worm 102 de la marque Decoy.

Article publié le 25/06/2025.

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