« Cette instance marque une nouvelle étape dans la mobilisation collective engagée depuis 2003 autour de la perspective d’implantation de réacteurs nucléaires de nouvelles générations sur le site de Braud-et-Saint-Louis », est-il indiqué. Comme il est affirmé que ce comité fait suite aux travaux du comité de suivi, présidé par la conseillère régionale Lydia Héraud, « qui a permis de fédérer élus, acteurs économiques et forces vives du territoire ». Pour être complet, même si cela n’a pas été évoqué à la réunion, il faut reconnaître la forte implication de certains acteurs dudit comité de suivi qui ont permis de faire avancer les choses et d’obtenir ces soutiens, comme Alain Desgranges, Hervé Gayrard, le maire de Bayon, ou encore la Chambre de commerce et d’industrie Bordeaux-Gironde.
En ordre de marche
Sachant que, comme le rappelle le communiqué, la centrale contribue déjà à faire vivre près de 10 000 personnes en Nord Gironde et dans le sud de la Charente-Maritime : « Les contrats passés avec des entreprises locales pour la maintenance des installations représentent 55 millions d’euros chaque année », est-il indiqué. Et que « l’implantation des EPR2 pourrait générer 7 000 emplois supplémentaires », dans une région touchée par la crise viticole.
Dans cette perspective, le comité stratégique est là pour montrer en haut lieu que la Gironde est en ordre de marche pour recevoir les réacteurs de nouvelle génération dans différents domaines : industriel, économique, foncier, environnemental, social et formation. Pour cela, quatre groupes de travail ont été constitués pour couvrir ce spectre.
Opposition
Tout le monde ne partage cependant pas cet enthousiasme. À l’image de l’association Tchernoblaye, qui milite depuis des années contre le nucléaire et la centrale de Braud-et-Saint-Louis, dont quelques membres étaient présents, jeudi, devant l’entrée de la salle où se tenait la réunion. Et qui ne cache pas son opposition, bien évidemment, à l’arrivée des EPR2.
« L’implantation des EPR2 pourrait générer 7 000 emplois supplémentaires, dans une région touchée par la crise viticole. »
« Il n’y aura pas d’EPR2 en Blayais. Déjà, le premier programme qui prévoyait six réacteurs à Gravelines (Nord), sur le Bugey (Ain) et à Penly (Seine-Maritime) n’a pas encore vu le jour. D’autre part, le Blayais est en concurrence avec d’autres candidats et l’installation est annoncée à l’horizon 2050 et à ce moment-là, avec la montée des eaux, le secteur situé en zone inondable sera écarté », estime le président Stéphane Lhomme.
« Le site de Braud est au bout de l’entonnoir d’un gigantesque bassin-versant. Et, avec la montée des eaux, si on subit une tempête avec un gros coefficient de marée, il y aura danger. Si elle est orientée nord-ouest, elle empêchera les eaux de l’estuaire de s’évacuer, si elle vient du sud, ce sont les eaux de la marée qui seront bloquées. Dans tous les cas, cela provoquera une énorme bosse d’eau en Gironde », complète Patrice Lapouge. En filigrane, on devine dans ses propos le danger d’inondation de la centrale, « et si le territoire est contaminé, il sera perdu, on le voit bien en Ukraine ou au Japon ».
Pour les militants de Tchernoblaye, il est temps de penser à une énergie et une économie post-nucléaire. D.F.
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