Sentiment de « mise au ban »
Florence Jost, élue depuis dix-sept ans et jusqu’alors adjointe en charge des finances et de la cantine scolaire, s’est dite « totalement prise au dépourvu ». « Je ne sais toujours pas ce qu’on me reproche exactement. On m’a parlé de propos que j’aurais tenus, que je nie formellement. J’ai demandé que les personnes concernées soient convoquées pour s’expliquer, cela n’a pas été fait », affirme-t-elle. Se disant mise à l’écart du jour au lendemain, elle décrit un sentiment de « mise au ban » et d’injustice, après des années d’engagement au sein de la municipalité.
« Je ne sais toujours pas ce qu’on me reproche exactement. On m’a parlé de propos que j’aurais tenus, que je nie formellement »
De son côté, le maire Jacques Breillat assume pleinement sa décision concernant le retrait des délégations, qu’il rappelle être de sa seule compétence. « Ce n’est pas une décision facile, d’autant plus que je n’ai aucun problème personnel avec Florence Jost, qui a apporté des choses positives à la ville. Mais j’ai constaté une rupture du lien de confiance », explique-t-il. Il évoque « un manque de discrétion et de loyauté », appuyé selon lui par « de nombreux témoignages extérieurs, concordants, faisant état de propos tenus à l’extérieur sur des sujets sensibles ». « En tant que maire, je ne peux pas maintenir une délégation lorsque le fonctionnement de la collectivité peut être fragilisé », insiste-t-il.
Des accointances avec le RN reprochées
La déchéance du mandat d’adjointe, votée lors du conseil municipal, relève en revanche d’une décision collective. Le vote a réuni l’ensemble de la majorité municipale, avec une abstention dans les rangs de l’opposition. « Ce n’est pas une décision imposée par le maire », souligne Jacques Breillat, rappelant que plusieurs élus ayant voté la déchéance entretiennent des relations amicales avec Florence Jost. « Si l’unanimité s’est dégagée, c’est aussi pour des raisons politiques », poursuit-il, évoquant la participation de l’élue à des réunions publiques liées au Rassemblement national. Notamment auprès de Sandrine Chadourne qui a commencé à faire campagne à Castillon. « Des photos sur les réseaux sociaux en témoignent. En tant qu’adjointe au maire, aller à des réunions de personnes qui affichent leur volonté de constituer une liste contre la majorité en place, sans en informer le maire ni l’équipe, pose un problème de loyauté », estime-t-il.
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