
« Mon objectif n’a jamais été d’être dans les sphères du pouvoir. Mais de travailler au plus près des Libournais. » L’ancien dessinateur sérigraphe devenu addictologue, issu d’une classe ouvrière, est l’un des trois élus communistes, avec Daniel Beaufils et Monique Julien, à siéger aujourd’hui encore au conseil municipal de Libourne. Il se définit comme un élu respectueux de ses engagements. Un « besogneux » loyal mais ne dédaignant pas au besoin l’usage du carton rouge. Ou un bon bras de fer. « Je me souviens avoir proposé à André Teurlay de célébrer des baptêmes républicains. Il ne voulait rien entendre. Mais je voulais le faire. Il a été obligé d’accepter… Le premier a été celui de l’enfant de Daniel Beaufils ! »
Où est la politique ?
Il se souvient avoir obtenu ainsi la mise en place d’un Conseil communal de prévention de la délinquance. Un CCPD devenu CLS avant d’être bombardé CISPD. Il s’adapte. Les acronymes changent, les manières de travailler aussi… La politique également. « On ne gouverne plus les municipalités comme avant et je le regrette. Faire de la politique, c’est respecter l’électeur, respecter la démocratie. Il n’y a plus de vraie joute politique. » Un regret pour celui qui se souvient avoir été traité « de terroriste » après une intervention demandant la libération de Nelson Mandela.
Il regarde aujourd’hui le travail réalisé. « Gilbert Mitterrand puis Philippe Buisson m’ont fait confiance. J’ai pu mener avec leur soutien de nombreux projets qui me tenaient à cœur. » Notamment le projet de nouvelle piscine, devenue la Calinésie, « six ans de travail, 17 visites de sites » et au final, la reconnaissance, « des collaborations exceptionnelles ».
Fonction exigeante
Jean-Louis Arcaraz évoque pêle-mêle le futur gymnase, la salle d’escrime à venir, les compétitions internationales, « dont le championnat du monde d’aviron, le Tour de France à deux reprises, le passage de la flamme olympique… » Mais aussi l’aménagement des Dagueys. « Le lac, le club nautique, et même la plage… Les Dagueys, c’est 60 000 personnes par an ! » Il y a le sport santé dont il a encadré la mise en place. Et la sécurité, dont il a pris la charge, entre développement de la police municipale et déploiement de la vidéoprotection. « Je suis content de ce que j’ai accompli… »
« Faire de la politique, c’est respecter l’électeur, respecter la démocratie. Il n’y a plus de vraie joute politique »
Jean-Louis Arcaraz rendra son tablier une fois le nouvel exécutif désigné. « Je laisse ici une grande part de ma vie, confie-t-il. Quand on accepte une telle tâche, on s’engage dans une vie particulière, qui prend beaucoup de place. J’ai consacré beaucoup de temps à cette fonction. Et j‘ai été élu très tôt. Heureusement, j’avais ma famille à mes côtés, elle a toujours été là. » Libourne est exigeante, chronophage. Mais être tous les jours à la mairie ne suffit plus. « Il faut savoir être vigilant, bouger, faire du réseau », ce qu’il a fait avec l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) dont il a intégré le comité directeur, comme référent régional.
« Ministre des sports »
Les anecdotes fusent. Comme la première rencontre, candidature libournaise sous le bras, avec le directeur du Tour de France Christian Prudhomme. Ou plus localement, dans cette même salle où il nous accueille en interview, le mariage qui avait vu débouler l’ex-compagne du mari, venue régler ses comptes, armée d’un couteau à pain.
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