Il suffit parfois d’un détail invisible pour que tout bascule. Un pneu plus dur. Deux litres d’essence en moins. Un coéquipier plus encombrant. De l’extérieur, la chute de Pecco Bagnaia en 2025 intrigue. De l’intérieur, Jorge Lorenzo y voit une mécanique bien plus subtile.
Depuis quatre saisons, l’Italien dominait le MotoGP avec une régularité chirurgicale. Puis l’équilibre s’est fissuré. L’arrivée de Marc Márquez chez Ducati ? Les ajustements de la GP25 ? Un simple enchaînement de micro-changements mal digérés ? Lorenzo refuse les raccourcis.
« Les gens de l’extérieur, les fans, ne peuvent pas comprendre qu’un petit changement dans les règles ou sur la moto, un petit détail qui ne convient pas au pilote, peut tout changer. Dans ce milieu où tout le monde est le meilleur des meilleurs, les petits détails sont très importants.
Je me souviens de quand j’étais chez Yamaha en 2014, l’année précédente, je me battais avec Marc pour le championnat, j’étais super fort, mais ils ont changé les règles, ils ont mis des pneus plus durs, ils ont réduit le carburant de deux litres et la moto a complètement changé. Peut-être que de l’extérieur, ça n’avait pas l’air de grand-chose, mais pour moi, ça a changé beaucoup de choses et mes résultats ont été très mauvais au début de la saison.
Pecco est toujours un champion, c’est un pilote incroyable, super rapide, super talentueux, super précis, et il ne l’a pas démontré l’année dernière. Ses mauvais résultats ne reflètent pas ce qu’il est capable de faire, et je pense que lorsqu’il se sentira mieux sur la moto, il montrera qu’il est un prétendant au titre. » explique-t-il au micro du site officiel du MotoGP.
À lire aussi :
Aprilia : Rivola assume le défi et détermine sa cible numéro une
Lorenzo insiste : le vrai déclic doit venir de l’intérieur
Pour Lorenzo, la clé dépasse la simple adaptation technique. Elle touche au mental. À la capacité de remettre en question ses certitudes lorsque la dynamique se grippe.
« J’ai dit dans la presse que, selon moi, il avait probablement besoin de trouver quelque chose, quelqu’un qui l’aiderait mentalement à trouver des trucs, à essayer quelque chose de nouveau. Parce que quand on essaye cinq nouvelles choses différentes, on en trouve peut-être une qui va aider.
Il faut faire quelque chose quand on se trouve dans une situation difficile. C’est ce que j’ai fait quand je me suis retrouvé dans une très mauvaise passe : j’ai travaillé plus dur et je passais toute la journée à me demander ce que je pouvais faire pour m’améliorer. Évidemment, ce n’est que mon avis extérieur. Je ne sais pas exactement ce que fait Pecco, peut-être qu’il fait déjà ce genre de choses.
Mais en tout cas, de l’extérieur, à mon avis, il avait besoin de faire quelque chose. Après, le fait aussi qu’il se sente probablement mieux maintenant avec la moto l’aide beaucoup plus que ce que l’on peut trouver en dehors de la moto. »
Le message est clair : le talent ne disparaît pas, il se brouille. Et pour Lorenzo, la solution n’est ni dans le paddock ni dans les réglages, mais dans la capacité du pilote à se réinventer.
Bagnaia n’a peut-être pas perdu sa vitesse. Il a peut-être simplement perdu son alignement. Or, en MotoGP, quelques millimètres d’angle peuvent tout changer. Comme quelques degrés de confiance.
Si Pecco retrouve cet équilibre intérieur, alors la hiérarchie pourrait de nouveau vaciller. Car selon Lorenzo, un champion ne s’éteint pas : il se réajuste. Et parfois, il suffit d’un déclic… pour rallumer la mèche.
Podcasts à la une
MEN LIFE
Pour résumer
Jorge Lorenzo estime que la baisse de régime de Bagnaia en 2025 ne s’explique pas seulement par Ducati ou Márquez. Selon lui, de petits changements techniques peuvent bouleverser un pilote, mais le véritable rebond passe par le mental. Pour Lorenzo, Pecco a toujours l’étoffe d’un champion.
Rédacteur
Cet article a été publié en premier sur https://sports.auto-moto.com/moto-gp/motogp-lorenzo-revele-ce-qui-peut-relancer-bagnaia-des-2026-28341