Le paddock MotoGP bruisse de rumeurs, de signatures en cascade et de stratégies à long terme. Pendant que les cadors déplacent les lignes pour 2027, Álex Márquez n’est plus spectateur. Il est devenu un acteur central d’un mercato déjà sous haute tension.
Longtemps résumé à son nom de famille, le pilote Gresini a changé de statut en 2025. Avec quatre victoires en course principale, trois succès en sprint et une régularité impressionnante, il s’est hissé au rang de vice-champion du monde. Une performance qui rebat les cartes de son avenir.
Son parcours, pourtant, n’a rien d’un long fleuve tranquille. Arrivé en MotoGP en 2020 chez Honda pour remplacer Jorge Lorenzo, Álex Márquez a vécu une saison chaotique, marquée par la blessure de Marc Márquez et le début du déclin technique de la marque japonaise. Transféré ensuite chez LCR, il a traversé deux années difficiles avant de trouver refuge chez Gresini.
Ce choix, dicté par ses sponsors personnels, a relancé sa carrière. Il a aussi indirectement inspiré le retour au sommet de son frère Marc, qui a suivi la même trajectoire en rejoignant Ducati. Mais aujourd’hui, Álex Márquez ne veut plus seulement rebondir : il veut franchir un cap.
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Une ambition assumée par Marquez dans un marché devenu fou
Chez Gresini, Álex Márquez a retrouvé la performance, mais pas encore la reconnaissance financière. En 2024, son salaire avoisinait les 350 000 €, légèrement revu à la hausse en 2025, un montant sans commune mesure avec son statut actuel. Les équipes satellites ont leurs limites, et seules les structures d’usine peuvent répondre à ses nouvelles ambitions.
L’Espagnol ne s’en cache plus, tout en restant mesuré dans son discours. « Je pense que le marché des pilotes est assez fou, et beaucoup vont penser à un changement », a confié Álex Márquez à GPOne. « L’évolution du règlement va ouvrir beaucoup d’options pour l’avenir, et pour tous les pilotes. »
Lucide, il sait que 2027 sera une année charnière, marquée par l’incertitude technique. « S’il faut prendre un risque, ce sera en 2027 parce que personne ne sait quel sera l’équilibre. Tous les constructeurs vous diront qu’ils auront la meilleure moto, mais personne ne peut le savoir. »
L’objectif reste clair, sans renier son présent. « Évidemment, la motivation et l’attente est toujours d’être dans une équipe d’usine, mais je suis très heureux chez Gresini, et quand j’aurai toutes les options sous les yeux, je choisirai la meilleure pour mon avenir. »
« C’est dur de parler de 2017 pour moi, c’est encore loin, mais le marché est comme ça, et je pense que beaucoup de pilotes auront déjà leur place avant la première course. »
Yamaha, KTM… et le jeu trouble des sponsors
Dans les coulisses, deux noms ressortent clairement : Yamaha et KTM. Aprilia reste une option secondaire, tandis qu’un retour chez Honda ne semble plus d’actualité.
KTM pourrait apparaître comme une destination naturelle, Álex Márquez étant historiquement lié à Red Bull. Mais l’incertitude financière qui plane sur le constructeur autrichien refroidit les ardeurs. À l’inverse, Yamaha avance ses pions de manière agressive.
L’arrivée annoncée de Jorge Martín chez Yamaha, combinée aux mouvements de sponsors, pourrait créer une fenêtre stratégique. Red Bull, très présent autour de Márquez, pourrait faciliter un rapprochement avec Iwata, surtout si Monster – sponsor titre actuel – choisit de suivre Fabio Quartararo chez Honda.
Dans le même temps, Red Bull envisage aussi de s’associer à Ducati à partir de 2027, ce qui ouvrirait d’autres scénarios, notamment pour maintenir un lien fort avec la galaxie Márquez tout en sécurisant Pedro Acosta.
Yamaha apparaît ainsi comme la destination la plus crédible pour Álex Márquez, d’autant que les freins politiques du passé ont disparu. L’accord qui avait échoué au début de la décennie, bloqué par Valentino Rossi, appartient désormais à une autre époque. Lin Jarvis n’est plus aux commandes, et la marque japonaise a changé de cap.
KTM reste séduisante sportivement, mais risquée économiquement. Aprilia, avec un budget plus restreint, semble prioriser d’autres profils. Et en cas d’impasse, Gresini restera une base solide.
La partie d’échecs est lancée. Et pour la première fois, Álex Márquez n’avance plus à l’ombre de son frère. En 2027, il pourrait bien signer le plus beau dépassement de sa carrière… en dehors de la piste.
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Pour résumer
Vice-champion MotoGP 2025, Álex Márquez vise désormais un guidon d’usine pour 2027. Yamaha apparaît comme l’option la plus crédible, devant KTM, dans un mercato bouleversé par les sponsors et la révolution réglementaire.
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