Le compte à rebours est lancé. Et dans le stand Mercedes, ce n’est pas le chronomètre qui inquiète le plus… mais un bidon d’essence.
Alors que les regards se portent habituellement sur l’aérodynamique ou le moteur, c’est cette fois le carburant qui place l’écurie allemande dans une zone de turbulence rare à l’approche de Melbourne. Car derrière la quête de performance, une bataille administrative — et technologique — se joue en coulisses.
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Une homologation plus complexe que jamais
Depuis l’entrée en vigueur du règlement 2026, la Formule 1 a basculé dans une nouvelle ère énergétique. Les carburants durables sont devenus un pilier technique et politique du projet. Et pour Mercedes, le défi est colossal.
Son partenaire titre, Petronas doit faire certifier le carburant qui alimentera toutes les monoplaces motorisées par Mercedes cette saison. Jusqu’en 2025, la procédure restait relativement fluide : un échantillon envoyé à un laboratoire affilié à la FIA, deux à trois semaines d’analyse, puis validation.
Mais avec les carburants durables, le cadre a radicalement changé. Désormais, la certification est confiée à Zemo Partnership chargé non seulement d’analyser le produit final, mais aussi de contrôler l’intégralité de sa chaîne de production.
Chaque composant, chaque fournisseur, chaque site industriel est inspecté. Les équipes de certification visitent les usines, auditent les procédés et vérifient la traçabilité complète du carburant.
Un processus inédit… et forcément plus long. Dans le paddock de Sakhir, une rumeur persistante évoque ainsi une course contre la montre engagée par Petronas pour obtenir le feu vert avant l’Australie. Un retard administratif, mais aux implications sportives bien réelles.
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Un plan B crédible… mais imparfait
À ce stade, aucun signal d’alarme officiel n’a été déclenché. Difficile, en effet, d’imaginer une grille de départ sans les équipes motorisées par Mercedes — McLaren, Williams ou Alpine — pour une question de carburant non homologué.
Le règlement prévoit d’ailleurs une solution de secours. En cas de certification incomplète, les écuries pourraient utiliser un carburant « provisoire », dont certains composants seraient remplacés par des éléments déjà validés par la FIA.
Une tolérance réglementaire pensée pour éviter un blocage total du championnat. Mais cette alternative ne serait pas sans impact. Performance, combustion, gestion énergétique : le moindre ajustement de formulation peut modifier l’exploitation du moteur.
À l’heure où chaque détail compte, débuter la saison avec un carburant transitoire reviendrait à courir un marathon… en respirant à moitié. Et pour Mercedes, l’enjeu dépasse la simple conformité.
Le constructeur allemand a fait de la transition durable un axe majeur de son image et de son développement moteur. Un retard d’homologation ternirait autant la préparation sportive que le message technologique.
Melbourne approche. Les monoplaces sont prêtes. Les pilotes aussi. Reste à savoir si le carburant qui les propulsera recevra son feu vert à temps.
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Pour résumer
Mercedes aborde Melbourne avec une incertitude majeure : l’homologation de son carburant durable Petronas. La nouvelle procédure, plus stricte, ralentit la validation. Un carburant provisoire reste possible, mais pourrait impacter la performance dès l’ouverture de la saison 2026.
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