
Le bureau responsable des médias du pouvoir judiciaire a annoncé, lundi 2 février, que « les procédures d’enquête ont commencé concernant 1 387 membres de l’organisation terroriste Daech récemment transférés du territoire syrien ». Elles sont conduites par plusieurs juges spécialisés, sous la supervision du président du Conseil supérieur de la magistrature d’Irak.
Ces détenus font partie des 7 000 membres de l’Etat islamique (EI) auparavant détenus par des combattants kurdes syriens et que l’armée américaine a déclaré vouloir transférer en Irak, après la reprise par les forces gouvernementales syriennes de territoires tenus par les Kurdes. Ils comprennent des Syriens, des Irakiens et des Européens, ainsi que d’autres nationalités, selon plusieurs sources de sécurité irakiennes.
En 2014, l’EI s’était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel. Appuyé par une coalition menée par les Etats-Unis, l’Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017. En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l’EI deux ans plus tard. Les FDS ont ensuite incarcéré des milliers de djihadistes présumés et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.
En janvier, les Etats-Unis ont déclaré que la mission initiale des FDS de lutte contre les djihadistes n’avait plus de raison d’être, avec l’émergence d’un Etat central fort et soutenu par les Etats-Unis à Damas.
Par le passé, les tribunaux irakiens ont condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l’EI, dont de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie. L’Irak a déjà été épinglé par des ONG pour des centaines de procès qualifiés d’expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace. La justice irakienne a affirmé que ses procédures d’enquête « respecteraient les lois nationales et les normes internationales ».
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