Le Nigeria dénonce le recrutement « illégal » de ses ressortissants pour les conflits à l’étranger

Le Nigeria est le dernier pays en date à s’alarmer du sort de ses ressortissants « illégalement recrutés pour participer à des conflits armés à l’étranger », alors que les révélations s’enchaînent dans plusieurs pays d’Afrique où des hommes sont envoyés à la guerre pour le compte de Moscou.

Le Nigeria « exprime sa profonde préoccupation face à l’augmentation alarmante du nombre de cas de citoyens nigérians recrutés illégalement pour participer à des conflits armés à l’étranger », a déclaré dans un communiqué, dimanche 15 février, le ministère des affaires étrangères, sans toutefois nommer la Russie.

« Recrutés sous de faux motifs », des Nigérians « ont été déployés dans des zones de combat après avoir été trompés », dénonce le ministère, qui demande à ses missions à l’étranger de « renforcer la vigilance consulaire et de fournir des services de conseil en temps utile aux ressortissants nigérians ».

Les révélations se multiplient dernièrement sur des Africains enrôlés de force par la Russie sous des motifs fallacieux pour combattre sur le front ukrainien. Selon un rapport publié la semaine dernière par le collectif d’investigation All Eyes on Wagner, au moins 36 Nigérians ont été recrutés par l’armée russe, dont cinq sont morts au combat.

Plus de 1 400 personnes enrôlées

La semaine dernière, une enquête de l’Agence France-Presse (AFP) a recueilli les témoignages de plusieurs Kényans qui ont combattu en Ukraine et dévoilé les mécanismes de recrutement au Kenya : la promesse par une agence locale d’un emploi rémunérateur en Russie où ils acceptent de se rendre et où ils signent sous la menace un contrat en alphabet cyrillique dont ils ne comprennent pas les termes, avant d’être déployés sur le front. Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, a prévu une visite à Moscou en mars pour évoquer ce sujet.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a affirmé la semaine dernière avoir discuté avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique, le « rapatriement des Sud-Africains combattant aux côtés des forces russes en Ukraine ». Accusé d’avoir participé à leur recrutement par des familles d’enrôlés, la fille de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné du Parlement sud-africain.

Le phénomène commence également à agiter l’Ouganda, pays proche de la Russie qui a jusque-là évité toute critique de Moscou, et où les témoignages commencent à affluer.

Kiev disait en novembre avoir identifié au moins 1 436 citoyens de 36 pays africains dans les rangs russes.

Le Monde avec AFP

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