La défiance envers les politiques approche un point de non-retour, selon le baromètre Cevipof

Des sympathisants du Rassemblement national, lors d’une rencontre avec Jordan Bardella, à Carcassonne, le 7 février 2026 Des sympathisants du Rassemblement national, lors d’une rencontre avec Jordan Bardella, à Carcassonne, le 7 février 2026

Jusqu’où la perte de confiance dans la politique peut-elle aller ? La descente dans la défiance atteint un niveau proche du point de non-retour. L’heure n’est plus à s’interroger sur des réformes procédurales, scrutin à la proportionnelle ou cumul des mandats, qui viendraient réenchanter le rapport à la politique. Lorsque seuls 22 % des enquêtés français de la 17e vague du baromètre réalisée par OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) disent qu’ils ont confiance dans la politique (45 % en Allemagne, 44 % au Royaume-Uni et 40 % en Italie) et 23 % que la démocratie fonctionne bien dans le pays, c’est un état d’anomie politique qui s’installe. Cet affaissement des fondements de la légitimité démocratique interroge sérieusement notre capacité à nous projeter dans un avenir démocratique partagé et ouvre la voie aux scénarios les plus préoccupants pour 2027.

Baromètre annuel Sciences Po, Cevipof et OpinionWay,
« En qu[o]i les Français ont-ils confiance aujourd’hui ? », réalisé,
pour la France, du 12 au 28 janvier 2026, sur un échantillon représentatif de 3 166 personnes inscrites sur les listes électorales, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, revenus et lieu de résidence)

Baromètre annuel Sciences Po, Cevipof et OpinionWay,
« En qu[o]i les Français ont-ils confiance aujourd’hui ? », réalisé,
pour la France, du 12 au 28 janvier 2026, sur un échantillon représentatif de 3 166 personnes inscrites sur les listes électorales, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, revenus et lieu de résidence)

A ce titre, la théorie selon laquelle on assisterait à une réinvention parlementaire de la Vᵉ République est battue en brèche. En moyenne, 20 % des enquêtés ont confiance dans l’Assemblée nationale, le pourcentage le plus bas enregistré par notre enquête depuis sa création en 2009, une proportion qui ne dépasse pas 29 % chez les cadres et dans les professions supérieures diplômées, pourtant traditionnellement plus favorables aux institutions politiques. C’est encore quatre points de moins par rapport à 2025 et un recul de neuf points par rapport à 2024.

Il vous reste 76.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/09/la-defiance-envers-les-politiques-approche-un-point-de-non-retour-selon-le-barometre-cevipof_6666046_823448.html