Derrière un simple neuvième temps, Maverick Vinales a peut-être signé bien plus qu’un classement. À Sepang, l’Espagnol n’a pas cherché le chrono à tout prix, il a cherché des réponses. Et pour la première fois depuis longtemps, elles lui ont plu.
Car chez KTM, quelque chose a changé. Une méthode, une direction… et surtout une moto qui commence à parler le même langage que son pilote.
Trois jours d’essais intenses, des pièces testées en série — aéro, bras oscillant, composants châssis — mais un même constat à l’arrivée : la base progresse.
« Chaque petite chose que nous essayons est un pas en avant dans les domaines où nous étions faibles l’année dernière. L’équipe a fait un très bon travail. Dans le même temps, il y a encore de la marge de manœuvre pour nous améliorer et mieux comprendre comment je peux être encore plus rapide avec la moto. »
Un discours mesuré… mais révélateur. Vinales ne s’enflamme pas, il construit. Il insiste même sur un changement structurel chez KTM :
« Je suis vraiment content de KTM, car pour moi, c’est la première fois depuis longtemps que l’on voit qu’une usine touche de manière ciblée les points faibles de la moto. Ce sont des nouvelles fantastiques. »
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Une confiance retrouvée, sur la piste comme dans le corps pour Vinales
Au-delà de la machine, c’est aussi le pilote qui renaît. L’hiver de Vinales a été marqué par le travail physique, notamment pour soigner son épaule. Et les essais malaisiens ont servi de test grandeur nature.
« L’épaule est bonne. Je n’ai pas eu de douleur de toute la journée. J’ai maintenant l’impression d’avoir 100 % de puissance en plus dans l’épaule — lors du freinage, du virage et dans les changements d’angle. Le montage n’est pas encore tout à fait terminé, mais c’est assez bon pour rouler vite dans mon style. »
Sur la piste, cela s’est traduit par un programme dense, notamment sur le châssis : « Nous avons essayé deux cadres différents aujourd’hui pour comprendre quelle direction nous pouvons prendre pour 2026. Je pense que nous savons assez bien quelle moto nous allons utiliser lors de la première course. Nous devons juste continuer à tester. »
Même la pluie, pourtant redoutée, s’est transformée en opportunité pour Vinales. Poussé par Jorge Lorenzo, désormais impliqué dans sa préparation : « Bien sûr, je ne voulais pas vraiment sortir. Je me souviens de Silverstone 2018, c’est lui qui a été le premier à dire : nous ne conduisons pas. Maintenant, il me pousse toujours à sortir sous la pluie, même avec des pneus plus durs. J’ai dû sortir, me tester et essayer de rouler vite dans ces conditions, et j’ai eu un sentiment positif. La moto fonctionne bien sous la pluie, elle est rapide. Mais ce n’était pas avec la moto que j’aimais. »
Difficile donc d’attaquer le chrono. Mais l’essentiel est ailleurs : la méthode KTM évolue. « Pas beaucoup de pièces différentes, mais les bonnes pièces. Pas de choses folles, juste de petits pas. Les gars de l’usine ont fait un excellent travail. Après il faut attendre la Thaïlande — et ensuite l’Europe. »
Une chose est sûre : le projet avance… et lui redonne le sourire. Et si KTM corrige enfin ses faiblesses, Vinales pourrait bien transformer ses doutes passés en carburant pour l’avenir, histoire de prouver que quand tout s’aligne, Maverick redevient… supersonique.
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Neuvième à Sepang, Maverick Vinales retient surtout les progrès de KTM. Développement ciblé, nouvelle méthode de travail et épaule rétablie : l’Espagnol aborde 2026 avec confiance, convaincu que la RC16 corrige enfin ses faiblesses structurelles.
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