Juan Manuel Santos : “Maduro n’avait pas l’intelligence de Chávez”

Pour un lauréat du prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos s’est fait beaucoup d’ennemis. Son succès dans la négociation de la fin des guérillas qui ont duré un demi-siècle en Colombie a valu à l’ancien président les honneurs de l’étranger et le déshonneur dans son pays, où les conservateurs ne lui ont jamais pardonné d’avoir conclu un accord avec les insurgés marxistes.

Juan Manuel Santos, l’un des rares hommes d’État d’Amérique latine à avoir une stature internationale, fait volontiers part de ses réflexions sur l’évolution de l’ordre mondial et se délecte à me raconter des anecdotes sur ses échanges avec des personnalités aussi diverses que Tony Blair, Nelson Mandela et Donald Trump.

Donald Trump et le populisme

Ce dernier, me révèle-t-il lors de notre déjeuner, avait envisagé pour le Venezuela des options plus radicales que l’opération commando qu’il a finalement ordonnée le 3 janvier pour tirer le président socialiste révolutionnaire Nicolás Maduro de son bunker à Caracas.

En septembre 2017, pendant son premier mandat, le président américain a demandé à Juan Manuel Santos de réunir les dirigeants latino-américains dans un hôtel de New York. “Quand Donald Trump est arrivé, il a dit, à moitié sérieusement, à moitié par plaisanterie : ‘regardez le Venezuela, je pense qu’on pourrait régler le problème rapidement avec une invasion’.”

“Mes homologues latino-américains et moi, nous avons été quelque peu surpris”, ajoute mon invité non sans euphémisme. Il a alors répondu à Donald Trump qu’une invasion était la “pire solution possible” en raison des réactions antiaméricaines qu’elle susciterait. Un peu plus de huit ans plus tard, Donald Trump n’en a pas moins choisi d’envoyer des commandos pour mener un assaut ciblé contre le président Maduro.

Malgré un engagement de longue date en faveur d’un centre politique désormais impuissant, l’accord de paix controversé signé par Juan Manuel Santos l’oblige à ne pas négliger sa propre sécurité dans un pays marqué par une longue histoire de violence politique. En tant que joueur de poker passionné, il évalue les risques et choisit sa stratégie avec soin. Si l’on ajoute ses liens familiaux avec le propriétaire des lieux, voilà qui explique son choix de restaurant : un bistrot discret situé au sous-sol d’un petit hôtel du quartier huppé de Rosales, à Bogotá.

“Tous les populistes tentent d’écraser l’indépendance des banques centrales. La Réserve fédérale est un élément clé de la crédibilité et de la stabilité du dollar”

Les rues sont calmes et le ciel est gris alors que les Bogotanos célèbrent l’Épiphanie, un jour férié décalé au lundi pour créer un long week-end, selon l’usage en Colombie. Le restaurant est presque désert pendant que j’attends en buvant une limonade fraîchement préparée et en contemplant les nombreux casiers remplis de bouteilles de vin et les peintures à l’huile imitant le style européen.

Deux agents de sécurité en civil font irruption, annonçant l’arrivée de Juan Manuel Santos. L’ancien président entre, décontracté, vêtu d’un pull gris à fermeture Éclair et d’une chemise bleue à col ouvert. Apercevant notre table dans la salle principale, il suggère aussitôt au serveur de nous déplacer dans une annexe adjacente, à l’abri des regards.

Bien qu’à peine neuf jours se soient écoulés depuis que les États-Unis ont provoqué un séisme politique en Amérique latine en enlevant Nicolás Maduro dans son complexe fortifié et en l’emmenant à New York afin qu’il y soit jugé pour narcoterrorisme et trafic de drogue, la première préoccupation de Juan Manuel Santos n’est pas le pays voisin : c’est le sort de Jay Powell, président de la Réserve fédérale, qui fait l’objet d’une enquête pénale menée par les procureurs fédéraux.

“Tous les populistes tentent d’écraser l’indépendance des banques centrales, déclare-t-il d’un ton grave. La Réserve fédérale est un élément clé de la crédibilité et de la stabilité du dollar. Si elle est mise au service des intérêts de chaque président, cela coûtera cher aux États-Unis à long terme.”

La veille au soir, Donald Trump a publié sur Truth Social une fausse entrée Wikipédia où il se décrit comme le président par intérim du Venezuela. Quelques jours plus tôt, il a déclaré au ‘New York Times’ que son pouvoir n’était limité que par sa propre moralité. “C’est un terrible précédent pour la stabilité mondiale”, estime Juan Manuel Santos.

Le serveur apporte une petite corbeille de pain à l’ail grillé et la pose sur la table. Il n’y a aucun signe de menu, mais Santos ne s’en inquiète pas. La conversation vient tout juste de prendre son élan.

De l’hôpital au gouvernement

Ses convictions sur la force des institutions et l’État de droit, Juan Manuel Santos se les est forgées dans les années 1970, au cours d’études supérieures à la London School of Economics (LSE) et à Harvard aux États-Unis. Descendant de l’une des dynasties politiques les plus célèbres de Colombie, il est issu de deux familles de présidents.

Les Santos ont également été pendant des décennies propriétaires d’‘El Tiempo’, le principal journal du pays, où Juan Manuel a fait ses armes en tant que chroniqueur et rédacteur en chef adjoint. Il a pris la décision de se lancer dans la politique plutôt que dans le journalisme lors d’un voyage au Brésil en 1991, alors qu’il était en proie à une forte fièvre.

“L’hôpital m’a fait passer des examens et m’a annoncé que j’avais un cancer des testicules, raconte-t-il impromptu. J’étais très inquiet.”

“Je me suis souvenu d’une phrase de mon grand-père, poursuit-il d’un ton léger. Quand on atteint son âge, disait-il, on peut regretter ce qu’on a fait, mais on ne doit jamais regretter ce qu’on n’a pas réussi à faire.”

Alors qu’il était alité, explique-t-il, le président colombien de l’époque, César Gaviria, l’a appelé pour lui proposer un poste au sein du gouvernement.

Mon attention s’égare un peu : et le diagnostic de cancer ? Juan Manuel Santos répond tout à coup à ma question sans que je l’aie posée. “L’hôpital m’a appelé pour m’annoncer qu’ils s’étaient trompés dans le diagnostic, dit-il avec un sourire. Les examens effectués appartenaient à quelqu’un d’autre.”

Le serveur arrive avec les menus et l’ancien président sort une paire de petites lunettes rondes à monture noire pour parcourir la carte. Il opte pour un steak tartare, suivi d’un mérou à la sauce citron, une spécialité de la maison, et d’épinards à la crème. Je choisis des asperges en entrée et je suis son conseil d’essayer le mérou, en ajoutant une portion de “papas criollas”, ces délicieuses petites pommes de terre à chair jaune qui sont un aliment de base dans les Andes.

“Les responsables politiques arrivent au gouvernement en pensant qu’ils sont comme Adam et Ève, que rien n’a existé avant eux et qu’ils partent de zéro”

Nous revenons à la carrière politique de Juan Manuel Santos. En 1991, il a été nommé ministre du Commerce extérieur, et je me souviens que c’est à cette époque que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, alors que j’étais à Bogotá en tant que correspondant pour Reuters.

Le règne meurtrier de Pablo Escobar à la tête du cartel de la cocaïne de Medellín touchait à sa fin, avec une vague d’attentats à la voiture piégée. “Nous étions sur le point d’être déclarés État défaillant”, explique Juan Manuel Santos. J’opine du chef en me rappelant ce jour d’avril 1993 où une voiture piégée a explosé à six pâtés de maisons de l’appartement où vivait ma famille, tuant au moins huit personnes et en blessant plus d’une centaine.

Tandis que mon invité explique le principal défaut des politiques latino-américains – “les responsables politiques arrivent au gouvernement en pensant qu’ils sont comme Adam et Ève, que rien n’a existé avant eux et qu’ils partent de zéro” –, je me rends compte qu’une demi-heure s’est déjà écoulée sans que le repas ait commencé.

Nous évoquons brièvement le mandat ministre des Finances de Juan Manuel Santos, lors duquel il a augmenté les impôts et réduit les budgets, déclenchant des manifestations au cours desquelles les opposants ont brûlé son effigie. “Mes enfants, qui étaient encore petits, m’ont demandé : ‘papa, pourquoi est-ce qu’ils te brûlent à la télévision ?’, se souvient-il. Je leur ai répondu que c’était une forme d’hommage, parce que la fumée monte vers le ciel.”

Poker et politique

Les entrées arrivent. Juan Manuel Santos ignore la montagne de frites qui accompagne son steak tartare et pique soigneusement la viande crue avec sa fourchette pour la déposer sur un morceau de pain grillé à l’ail. Mes asperges sont cuites à la perfection, croquantes et succulentes. En fond sonore, le murmure croissant des conversations nous indique que le restaurant se remplit progressivement.

Juan Manuel Santos est un anglophile, ayant fréquenté l’école anglo-colombienne de Bogotá dans son enfance et suivi des études de troisième cycle à la LSE. Lorsqu’il a été nommé ministre de la Défense en 2006, il s’est rendu à Londres pour demander l’aide de Tony Blair afin de réformer les services de renseignement colombiens. Ce dernier, alors Premier ministre, “a pris son téléphone, a appelé le chef du MI6, Sir John Scarlett, et lui a dit : ‘aidez mon ami’”, se souvient Juan Manuel Santos. Il a été conduit au siège du MI6, où il a constaté non sans surprise que Scarlett connaissait déjà mieux que lui les forces et les faiblesses des espions colombiens.

Le serveur revient pour prendre notre commande de boisson, et mon invité, toujours aussi politique, décide de “rendre hommage à l’Argentine” en commandant une demi-bouteille de malbec.

“Harry S. Truman et Winston Churchill disaient que le poker était le jeu qui ressemblait le plus à la vie et à la politique”

Juan Manuel Santos joue au poker depuis l’université et a gagné sa première voiture lors d’une partie dans une fraternité universitaire du Kansas. Harry S. Truman et Winston Churchill jouaient souvent, raconte-t-il, “et ils disaient que le poker était le jeu qui ressemblait le plus à la vie et à la politique, car il faut d’abord avoir de la chance. Ensuite, il faut connaître ses adversaires. Troisièmement, il faut connaître les règles du jeu. Quatrièmement, il ne faut pas se laisser bluffer”.

Au fur et à mesure que la conversation avance, il devient clair que l’ancien président colombien a soigneusement préparé sa main. Peu importe la direction que j’essaie de donner à notre discussion, il me contre en dégainant une nouvelle anecdote stratégiquement placée.

Nous finissons par aborder le sujet du Venezuela. L’histoire entre Juan Manuel Santos et le leader socialiste révolutionnaire Hugo Chávez remonte à la fin des années 1990. Ils se sont rencontrés lorsque cet ancien officier charismatique, qui venait tout juste d’être élu [et n’était pas encore investi, ndt], s’est rendu à Bogotá [en décembre 1998, ndt].

Hugo Chávez et le traité avec les FARC

La première impression a été positive. “Hugo Chávez était très amical, très ouvert et voulait savoir comment améliorer nos relations commerciales”, se souvient mon invité. Mais lorsque Hugo Chávez s’est mis à remodeler les institutions vénézuéliennes à son image afin d’ancrer son pouvoir, les désaccords avec Juan Manuel Santos sont apparus.

Lorsque la “révolution bolivarienne” de Hugo Chávez a commencé, les économies de la Colombie et du Venezuela (“les frères ennemis”, comme les appelle mon invité) étaient à peu près de la même taille. Aujourd’hui, le PIB de la Colombie est plus de cinq fois supérieur et environ 8 millions de Vénézuéliens ont fui à l’étranger à la recherche d’une vie meilleure. Le règne de Hugo Chávez aurait-il pu se terminer différemment ? Mon invité n’hésite pas. “Hugo Chávez était très clair. Son objectif final était la révolution bolivarienne et il voulait un populisme de gauche.”

Juan Manuel Santos, quant à lui, reconstruisait sa popularité en tant que ministre de la Défense dans le gouvernement de droite du président Álvaro Uribe, qui se consacrait à écraser des guérillas marxistes colombiennes. Son grand moment politique est survenu lorsqu’il a été élu président en 2010 avec le soutien d’Álvaro Uribe. Une fois au pouvoir, il a rapidement rompu avec son ancien parrain pour rechercher la paix avec les guérilleros, ce qui lui a valu des accusations de trahison et une haine politique acharnée qui perdure encore aujourd’hui.

“Juan Manuel Santos présente sa coopération avec Hugo Chávez comme un exemple de collaboration entre adversaires politiques destinée à obtenir des résultats utiles au-delà des clivages idéologiques”

Mais l’opposition d’Álvaro Uribe n’était pas le seul obstacle. Malgré leurs profondes divergences politiques, Juan Manuel Santos savait qu’il avait besoin de l’aide de Hugo Chávez. Ses conversations avec les Israéliens, entre autres, lui avaient appris que pour que les négociations avec les guérilleros réussissent, il aurait besoin de ses voisins comme alliés.

Trois jours seulement après son élection à la présidence, Juan Manuel Santos a invité Hugo Chávez à une réunion dans un lieu symbolique : à la périphérie de la ville caribéenne de Santa Marta, dans le domaine où est mort Simón Bolívar, héros de l’indépendance cher aux deux nations.

Il a alors charmé le dirigeant vénézuélien à son arrivée par une plaisanterie inattendue, et Hugo Chávez a dès lors joué un rôle clé dans le processus de paix colombien, lequel a abouti en 2016 à un accord avec les guérilleros marxistes des FARC, qui acceptaient de déposer les armes et de former un parti politique. Cet accord historique a valu à Juan Manuel Santos le prix Nobel de la paix, mais les électeurs colombiens l’ont rejeté de justesse lors d’un référendum, contraignant le président à recourir à sa majorité au Congrès pour le faire adopter.

Juan Manuel Santos présente sa coopération avec Hugo Chávez sur l’accord de paix comme un exemple de collaboration entre adversaires politiques destinée à obtenir des résultats utiles au-delà des clivages idéologiques – une leçon qui, selon lui, est à réapprendre aujourd’hui.

Évoquant l’exemple de la collaboration entre l’ancien président américain Ronald Reagan et son homologue soviétique Mikhaïl Gorbatchev sur les accords relatifs aux armes nucléaires, il a déclaré à Hugo Chávez : “faisons de même. Je ne serai jamais un révolutionnaire bolivarien et vous ne serez jamais un démocrate libéral. Mais travaillons ensemble sur ce qui nous convient à tous les deux”.

Nicolás Maduro et la situation au Venezuela

Ce partenariat entre les deux présidents n’a pas duré longtemps. Hugo Chávez est décédé d’un cancer en 2013 et, avant sa mort, il a désigné pour successeur Nicolás Maduro, alors ministre des Affaires étrangères. Juan Manuel Santos ne mâche pas ses mots au sujet de cet ancien chauffeur de bus, militant syndical formé à Cuba, aujourd’hui prisonnier des États-Unis. “Il était à moitié stupide, dit-il. Il n’avait ni la sagesse ni l’intelligence de Hugo Chávez. Mais je pense que je l’ai sous-estimé.”

“C’est le dilemme auquel je suis toujours confronté : est-il acceptable de résoudre un crime par un autre ?”

Nos plats de résistance arrivent. Le mérou est servi frit en entier, baignant dans une sauce jaune au citron et décoré de petites feuilles ainsi que d’une unique primevère. Nous partageons les accompagnements de pommes de terre et d’épinards, et mon invité entame avec appétit le poisson. Notre demi-bouteille de malbec est déjà vide, nous en commandons donc une autre.

Je demande à Juan Manuel Santos quelle a été sa première réaction lorsqu’il a appris la capture de Nicolás Maduro. “J’ai réagi favorablement à son éviction, mais défavorablement aux conséquences qui en résulteront pour la région et le monde, répond-il en finissant son mérou. C’est le dilemme auquel je suis toujours confronté : est-il acceptable de résoudre un crime par un autre ?”

Je lui fais remarquer que la communauté internationale a tout essayé avec Nicolás Maduro – négociations, sanctions, élections, voire reconnaissance d’un gouvernement alternatif –, mais que rien n’a fonctionné. La fin justifie-t-elle l’opération américaine ?

Juan Manuel Santos souligne l’importance des valeurs. “Je crois en l’État de droit, Je crois au respect des droits de l’homme. Je crois en la démocratie. Je crois au multilatéralisme qui a maintenu la paix depuis la Seconde guerre mondiale” répond-il comme on réciterait un credo.

“Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela est très compétente et très intelligente. Elle ressemble plus à Hugo Chávez qu’à Nicolás Maduro”

Mais je relève qu’au Venezuela, tous ces principes ont achoppé. Juan Manuel Santos nuance plus ou moins ses propos. “Nous ne pouvons pas être les juges implacables de ce qui s’est passé au Venezuela, dit-il. Le juge implacable, ce sera l’histoire.”

Sa plus grande inquiétude concerne la suite des événements. “Ils ont destitué Nicolás Maduro sous prétexte qu’il est un trafiquant de drogue, alors qu’il n’a aucune légitimité. Mais ils l’ont remplacé par sa vice-présidente, qui n’en a pas non plus. Cela n’a aucun sens.” Il craint que la Russie et la Chine ne prennent exemple sur Donald Trump pour s’attaquer aux dirigeants des pays qu’elles n’apprécient pas.

Juan Manuel Santos a déjà rencontré Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela et ancienne numéro deux de Nicolás Maduro. “Elle est très compétente et très intelligente, dit-il. Elle ressemble plus à Hugo Chávez qu’à Nicolás Maduro.”

Selon lui, la solution de Donald Trump consistant à décapiter le régime vénézuélien et à tenter de diriger le pays à distance depuis Washington échouera, à moins d’une transition rapide vers de nouvelles élections, conduite par l’opposition démocratique.

L’élection présidentielle de 2026

À ce stade de notre conversation, notre table a été débarrassée des plats principaux et le serveur réapparaît pour nous demander ce que nous souhaitons comme dessert. Juan Manuel Santos choisit le cheesecake tandis que j’opte pour la ganache au chocolat.

Nous en revenons à la Colombie, où l’élection présidentielle de mai prochain désignera le remplaçant de Gustavo Petro, ancien guérillero imprévisible du M-19 connu pour ses discours incendiaires et ses maigres résultats au gouvernement.

Juan Manuel Santos est cinglant. “Gustavo Petro m’a beaucoup déçu”, dit-il. L’un de ses griefs particuliers est que Gustavo Petro n’a absolument pas cherché à mettre en œuvre les accords de paix signés par Juan Manuel Santos, préférant poursuivre sa propre vision d’une “paix totale”, qui n’a abouti à rien.

“En tant que centriste convaincu, Juan Manuel Santos n’est-il pas atterré de voir que ses compatriotes colombiens pourraient avoir à choisir entre l’extrême gauche et l’extrême droite ? L’ancien président me révèle qu’il a un atout dans sa manche pour la campagne”

Gustavo Petro ne peut pas se représenter (le Congrès a modifié la Constitution pendant le second mandat de Juan Manuel Santos pour empêcher la réélection), mais son candidat favori, Iván Cepeda, arrive en tête de certains sondages. Si l’élection avait lieu demain, un second tour opposerait sans doute le candidat de Gustavo Petro à un candidat d’extrême droite qui s’inspire du président autoritaire du Salvador, Nayib Bukele.

En tant que centriste convaincu, Juan Manuel Santos n’est-il pas atterré de voir que ses compatriotes colombiens pourraient avoir à choisir entre l’extrême gauche et l’extrême droite ? Alors que nous dégustons nos desserts et notre café, l’ancien président me révèle qu’il a un atout dans sa manche pour la campagne, mais il décide de ne pas en faire part aux lecteurs du ‘Financial Times’.

Plus de trois heures se sont écoulées et la salle est toujours en effervescence. Je sors du restaurant dans la grisaille d’un après-midi de froid avec Juan Manuel Santos, en remarquant en lui le politique qui s’attache à remercier chacun des serveurs et accepte gracieusement les salutations des convives.

Dans la rue, son cortège l’attend : deux motos de police, une voiture de tête, son SUV blindé, une autre voiture derrière, et enfin une escorte policière. Le maître du poker ne prend aucun risque.

Michael Stott, FT

Atelier de la Plaza
Carrera 5, no 74-52, Bogotá

Steak tartare : 58 000 pesos
Asperges grillées : 34 000 pesos
Mérou à la sauce citron avec pommes de terre et épinards × 2 : 148 000 pesos
Cheesecake aux fruits rouges : 17 000 pesos
Ganache au chocolat : 17 000 pesos
Demi-bouteille de malbec × 2 : 172 000 pesos
Café × 2 : 18 000 pesos
Eau 8 000 : pesos

Total (taxes et pourboires inclus) : 515 703 pesos (118,61 euros)

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