IMSA : pourquoi l’aile arrière de Cadillac intrigue déjà le paddock

Elle ne crie pas, elle murmure… mais tout le paddock l’a entendue. À Daytona, la nouvelle Cadillac V-Series.R n’a pas seulement attiré les regards par ses chronos, mais par une silhouette inhabituelle : une aile arrière anormalement basse, presque déroutante dans un plateau Hypercar ultra-normé. Un détail ? Pas du tout. Cadillac a changé de logiciel.

Dès les premiers tours de roues, pilotes et ingénieurs ont compris qu’il se passait quelque chose.« Ça a l’air vraiment cool et agressif. L’année dernière, c’était une aile standard, mais maintenant elle a ce profil élégant », a confié Jordan Taylor à Motorsport.com à Daytona.

Un avis partagé dans le paddock, même après des milliers de kilomètres accumulés entre le pré-test de novembre et le Roar.

Mais derrière ce look radical se cache surtout un choix réglementaire et stratégique. En LMDh, un seul élément aérodynamique peut être ajustable. Jusqu’ici, Cadillac jouait avec l’avant. En 2026, tout bascule vers l’arrière.

« L’année dernière, nous n’avons pu régler que l’avant. Cette année, nous ajustons l’arrière », explique Jordan Taylor. Son frère Ricky précise : ce nouvel aileron est devenu « un excellent outil de réglage pour l’équipe », permettant d’affiner plus efficacement l’équilibre global de la voiture.

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Une Cadillac pensée pour survivre dans le trafic

Si Cadillac a revu sa copie, ce n’est pas pour faire joli dans les stands. Le véritable ennemi avait un nom : l’air sale. Dieter Gass, directeur d’équipe du programme WEC de Cadillac avec Jota, l’assumait sans détour après Bahreïn :

« La voiture était géniale en plein air, mais dès que nous avons pris la circulation, c’est devenu incroyablement difficile pour nous. Cela a fait du dépassement un cauchemar, même si nous avions le rythme sur le papier. »

En abaissant l’aile arrière, Cadillac permet désormais à la carrosserie de mieux conditionner le flux d’air avant qu’il n’atteigne l’aileron. Résultat : une aérodynamique plus stable, moins sensible aux turbulences générées par les voitures devant.

« C’est beaucoup plus facile dans la circulation et lorsque vous suivez d’autres voitures. C’est simplement une meilleure voiture de course maintenant », confirme Louis Deletraz. Colton Herta, lui, balaie toute crainte de perte d’appui : « On n’a pas l’impression d’avoir perdu de l’appui. La voiture se sent toujours très plantée dans les sections à grande vitesse. »

Mieux encore, Cadillac semble avoir corrigé un défaut historique. « Nous avons toujours semblé manquer un peu de vitesse haut de gamme tout en étant très rapides dans les virages. Je pense qu’avec cette conception, nous avons trouvé un meilleur compromis, nous gardant rapides dans les virages, mais faisant de nous une menace sur les lignes droites », analyse Deletraz.

Effet secondaire inattendu : la vision depuis le cockpit. « C’est une perspective complètement différente à l’arrière. Vous ne voyez pas vraiment l’aile du tout dans les miroirs, peut-être juste le fond de celui-ci. C’est différent de tout ce que j’ai jamais couru », sourit Herta.

À Daytona, le verdict a été immédiat. La Cadillac #31 Action Express a joué la victoire jusqu’au bout. Earl Bamber, au cœur du peloton, n’a aucun doute : « Nous avons définitivement atteint notre objectif. La voiture se sentait beaucoup mieux dans la circulation, surtout lors de la sculpture à travers les GT. Ce n’est toujours pas facile à suivre parce que le terrain est si serré et que toute perte d’appui fait mal, mais c’est une mise à jour réussie pour nous. »

En abaissant son aile, Cadillac a surtout élevé son niveau de jeu. Et si en endurance, tout se joue sur la constance, cette Cadillac-là semble avoir trouvé l’équilibre parfait… quitte à prendre le paddock à contre-courant.

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Pour résumer

Avec une aile arrière ultra-basse sur sa V-Series.R 2026, Cadillac a opéré un virage aérodynamique majeur en IMSA. Pensée pour mieux gérer l’air sale et le trafic, cette évolution améliore l’équilibre, la vitesse de pointe et la constance en course. Une innovation discrète, mais redoutablement efficace.

Rédacteur

Dylan Ragot

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