
Cagoulé, lunettes noires, en tenue de camouflage de la tête aux pieds, « 13 » apparaît devant son propre arsenal, exposé au Musée de la guerre, à Kiev, devant l’immense statue de la Mère-Patrie. Trois modèles des drones navals Magura, qui ont quasiment réduit à l’impuissance la flotte militaire russe de la mer Noire, luisent dans la pénombre. « 13 » – son nom de guerre – dirige une très discrète unité du même nom au sein du renseignement militaire ukrainien, connu sous l’acronyme HUR, qui est en train de redéfinir le combat naval. « Depuis le naufrage du [patrouilleur] Sergueï-Kotov, près du pont de Crimée [en mars 2024], la flotte militaire russe de la mer Noire se terre dans son port de Novorossiïsk. Elle ne peut qu’effectuer de courtes sorties à moins de 20 milles nautiques [37 kilomètres environ] pour tirer des salves de missiles et retourne se claquemurer. Même chose pour ses hélicoptères », explique le commandant.
« 13 » ne dira rien de lui, ni de la stratégie de son unité, mais dévoile en exclusivité au Monde quelques tactiques utilisées lors d’opérations passées. Nommés en référence à une déesse guerrière slave préchrétienne, les drones Magura, fabriqués exclusivement pour le groupe 13, attaquent toujours en essaim. « Seul, un drone marin est une petite arme incapable d’infliger des dommages importants à un gros navire de guerre. Lors d’une attaque, une partie des drones jouent le rôle d’appât et détournent l’attention. »
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