Le journaliste guatémaltèque José Ruben Zamora, emprisonné depuis 2022 après avoir publié dans son journal des articles sur des affaires de corruption impliquant l’ancien président Alejandro Giammattei (2020-2024), a été libéré jeudi 12 février, et assigné à résidence sans surveillance.
Le journaliste, qui sera transféré à son domicile dans les prochaines heures, s’est félicité de cette décision, estimant qu’il était « satisfaisant » qu’il existe encore des « juges objectifs ».
José Ruben Zamora, 69 ans, fondateur du défunt quotidien El Periodico, a passé quelque 1 290 jours en détention pour blanchiment d’argent présumé et falsification de documents, des accusations qu’il réfute, avec l’appui d’ONG, estimant qu’il s’agit d’un montage destiné à le réduire au silence en raison de ses reportages sur la corruption du précédent gouvernement de droite.
Un tribunal a condamné en juin 2023 le journaliste anticorruption à six ans de prison, mais la sentence a depuis été annulée et il doit être rejugé.
« Une sorte de cadavre vivant »
« Il lui est accordé l’assignation à résidence à son propre domicile, sans aucune surveillance », a affirmé le juge Maximino Morales, après avoir entendu les arguments de la défense et du ministère public lors d’une audience dans la capitale, a constaté l’Agence France-Presse (AFP). Le magistrat a fait valoir que M. Zamora a déjà purgé la peine correspondant au délit de falsification de documents, tel que le prévoit le code de procédure pénale.
« J’ai passé plus de temps en prison que je n’aurais dû, j’ai subi des tortures, une répression psychologique, j’ai été une sorte de cadavre vivant », a encore déclaré José Ruben Zamora aux journalistes après l’audience à laquelle il s’est présenté vêtu d’un costume noir.
José Ruben Zamora a interdiction de quitter le pays.
Reporters sans frontières « appelle désormais à la libération définitive de ce journaliste emblématique », a affirmé à l’AFP Artur Romeu, directeur de l’organisation pour l’Amérique latine.
Son incarcération avait été condamnée par les Etats-Unis, l’ONU, Amnesty International et même par l’actuel président du Guatemala, Bernardo Arévalo, qui a qualifié d’« abus de pouvoir » les poursuites engagées contre le journaliste.
José Ruben Zamora avait déjà bénéficié du régime d’assignation à résidence mais il avait été révoqué en mars 2025 à la demande du parquet. Il était alors retourné dans la prison d’une caserne militaire de la capitale où il se trouve depuis son arrestation.
Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/13/guatemala-le-journaliste-anticorruption-jose-ruben-zamora-libere-apres-quelque-1-290-jours-en-detention-et-assigne-a-residence_6666561_3210.html