Face à ses difficultés rencontrées avec l’électrique, Stellantis relance le diesel sur certains modèles

Il y a encore quelques années, le diesel était présenté comme une technologie du passé, promise à une disparition rapide. Les constructeurs rivalisaient d’annonces tonitruantes sur leur basculement vers l’électrique, fixant des échéances ambitieuses pour abandonner les moteurs thermiques. Mais voilà qu’en ce début 2026, l’un des plus grands groupes automobiles mondiaux fait machine arrière.

Stellantis réintègre progressivement le diesel dans ses gammes européennes. Une décision prise dans la plus grande discrétion qui illustre à lui seul le fossé qui s’est creusé entre les ambitions affichées et la réalité du marché.

Quels sont les modèles concernés ?

La réintroduction du diesel concerne notamment des modèles des marques françaises du groupe : la Peugeot 308, le Citroën Berlingo et l’Opel Astra voient réapparaître des versions diesel dans leurs catalogues avec un bloc quatre cylindres 1,5 litre BlueHDI de 130 ch. Celui-ci est d’ailleurs d’ores et déjà disponible au sein des configurateurs français des véhicules pré-cités. Plus significatif encore, des ludospaces comme le Peugeot Rifter et le Citroën Berlingo, qui avaient basculé en 100 % électrique dès 2022, retrouvent un moteur BlueHDi de 100 chevaux.

Ce retour en arrière n’est pas anodin. Il révèle que la transition forcée vers l’électrique s’est heurtée à la réalité du terrain. Ces véhicules familiaux et utilitaires constituent le quotidien de milliers de foyers et d’artisans qui ont manifestement exprimé d’autres besoins que ceux anticipés par les stratèges du groupe. La marque premium DS n’est pas en reste, puisque le DS N°4 récupère aussi une option diesel, tout comme les SUV Alfa Romeo Tonale et Stelvio continuent d’être proposés avec cette motorisation.

Stellantis justifie cette décision en affirmant vouloir élargir son offre de motorisations pour répondre à la demande des clients. Une explication qui masque mal les difficultés commerciales du constructeur : ses ventes en Europe ont chuté de 3,9 % en 2025, après un recul de 7,3 % l’année précédente. Le pragmatisme semble avoir repris le dessus sur l’idéologie.

22 milliards d’euros de charges : l’électrique trop vite, trop fort

Le timing de cette marche arrière n’est pas un hasard. Début février, Stellantis a annoncé une charge exceptionnelle colossale de 22 milliards d’euros, reconnaissant avoir surestimé la vitesse de la transition énergétique. Un aveu d’échec qui illustre le fossé entre les ambitions affichées et la réalité du marché.

Carlos Tavares, l’ancien directeur général qui visait 100 % d’électrique en Europe d’ici 2030, a quitté le navire fin 2024. Son successeur, Antonio Filosa, semble privilégier une approche plus équilibrée, mêlant essence, hybride, diesel et électrique selon les marchés et les segments. Une stratégie “multi-énergies” qui rompt avec les grandes déclarations d’antan.

Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, le diesel ne représente plus que 8,9 % des ventes en Europe, contre près de 50 % en 2015. Pourtant, cette niche résiduelle possède un avantage de taille : les constructeurs chinois, qui envahissent le marché européen avec leurs véhicules électriques et hybrides, sont totalement absents du segment diesel. Une zone de non-concurrence bienvenue pour Stellantis, qui peut y déployer son expertise technique sans craindre la bataille des prix imposée par les nouveaux entrants asiatiques.

Stellantis relance le diesel sur certains de ses modèles

Stellantis fait machine arrière : face aux limites du tout‑électrique et à la baisse des ventes, le groupe réintroduit le diesel sur plusieurs modèles Peugeot, Citroën et Opel. Un virage pragmatique révélant les tensions de la transition énergétique.

Yann Lethuillier

Cet article a été publié en premier sur https://www.autonews.fr/actualite/face-a-ses-difficultes-rencontrees-avec-lelectrique-stellantis-relance-le-diesel-sur-certains-modeles-143275