F1 : Red Bull change de cap et laisse Mercedes seul contre tous, la guerre est lancée

La guerre des moteurs ne se joue pas seulement dans les bancs d’essai. Elle se livre aussi dans les salles de réunion, les couloirs de la FIA et les lettres envoyées en coulisses. Et dans cette bataille feutrée mais explosive, Red Bull vient peut-être d’opérer le virage le plus stratégique de l’hiver.

Car l’écurie autrichienne, jusqu’ici associée (au moins dans l’esprit du paddock) à l’interprétation technique exploitée par Mercedes, a décidé de changer de position. Un basculement politique majeur, qui renforce considérablement le front anti-Mercedes.

Depuis plusieurs semaines, la polémique enfle autour du fameux taux de compression des moteurs hybrides. Le règlement impose une limite de 16:1… mais avec une subtilité de taille : les contrôles sont réalisés à température ambiante.

C’est précisément là que Mercedes est soupçonnée d’avoir trouvé une zone grise. Plusieurs équipes pensent que le bloc allemand fonctionnerait avec un taux supérieur une fois en température, sans enfreindre formellement la procédure actuelle.

Face à cela, les rivaux de Brackley veulent faire évoluer la règle. Leur objectif : mesurer le taux de compression moteur à chaud, en conditions réelles d’utilisation.

Des discussions techniques ont déjà eu lieu, notamment lors de deux réunions avec la FIA, dont une dans le cadre du Power Unit Advisory Committee (PUAC). Sans décision officielle pour l’instant… mais les manœuvres continuent.

Et c’est là que Red Bull entre en scène.

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Un front anti-Mercedes renforcé

Ferrari, Audi et Honda avaient déjà cosigné une lettre contestant l’interprétation actuelle du règlement. Mais l’arrivée de Red Bull Ford dans ce camp change la donne.

Car avec ce soutien, une super-majorité théorique devient possible pour pousser une modification immédiate des méthodes de contrôle moteur.

Un retournement d’autant plus marquant que Red Bull était réputée explorer une philosophie proche de Mercedes. Deux hypothèses circulent désormais dans le paddock : soit les gains n’étaient pas au rendez-vous, soit Milton Keynes préfère refermer une porte technique… plutôt que de laisser Brackley l’exploiter seule.

Pour autant, imposer un changement avant Melbourne reste extrêmement complexe.

Toute modification majeure doit être validée par :

  • Au moins quatre des cinq motoristes
  • La FIA
  • La FOM

Or, tous les signaux indiquent que la FIA soutient la lecture actuelle défendue par Mercedes : contrôle à température ambiante uniquement.

Les règles 2026 ont même été amendées en octobre pour préciser ce point. Toto Wolff a d’ailleurs assuré que cette interprétation avait été validée par le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem.

Ajoutez à cela une homologation finale des groupes propulseurs fixée au 1er mars… et la marge de manœuvre devient quasi nulle. Un revirement de dernière minute resterait un séisme politique, mais aujourd’hui, le scénario le plus crédible renvoie plutôt à une évolution… pour 2027.

Reste que le signal envoyé est limpide : Red Bull n’hésite pas à changer d’alliance quand la bataille moteur s’intensifie. Et dans une F1 où la puissance se joue autant dans les cylindres que dans les votes, ce genre de volte-face peut valoir plusieurs dixièmes… sans même démarrer le moteur.

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Pour résumer

Red Bull a rejoint le camp des équipes contestant l’interprétation moteur exploitée par Mercedes sur le taux de compression. Un retournement stratégique qui renforce l’opposition politique, même si un changement réglementaire immédiat reste peu probable avant 2027.

Rédacteur

Dylan Ragot

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