F1 : pourquoi Aston Martin a renoncé à 42 tours cruciaux avec la voiture de Newey

À l’heure où chaque kilomètre compte plus que jamais, Aston Martin F1 a surpris le paddock. Dans une phase de découverte aussi sensible que celle de la nouvelle réglementation 2026, l’écurie britannique a volontairement levé le pied… quitte à laisser 42 tours sur la table.

Enfin entrée en piste avec son AMR26, Aston Martin F1 comptait maximiser chaque opportunité de roulage à Barcelone. Mais le shakedown catalan a rapidement pris une tournure plus complexe que prévu. Dévoilée tardivement jeudi en fin de journée, la monoplace conçue sous la direction d’Adrian Newey n’a parcouru que quelques tours avant de rencontrer un souci technique.

Lance Stroll n’a couvert que cinq tours lorsque les commissaires ont détecté une anomalie, vraisemblablement d’origine électrique, matérialisée par un dysfonctionnement des feux de la voiture. Par précaution, l’AMR26 a été immobilisée en piste et récupérée sous haute vigilance, les mécaniciens intervenant avec des équipements haute tension.

Le lendemain, Fernando Alonso a repris le volant pour l’ultime journée de shakedown. L’Espagnol a bouclé 61 tours, avec un meilleur chrono en 1’20’’795, à plus de quatre secondes de la Ferrari de référence pilotée par Lewis Hamilton. Un écart trompeur, puisque les informations venues du circuit indiquent qu’Aston Martin roulait avec une vitesse maximale volontairement bridée, comprise entre 230 et 275 km/h.

L’objectif était ailleurs : validation des systèmes, compréhension du comportement de l’AMR26 et surtout intégration du nouveau groupe propulseur Honda. Au total, l’écurie britannique n’a couvert qu’un peu plus de 66 tours en un jour et une heure de roulage, loin des volumes accumulés par certaines concurrentes.

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Un choix d’Aston Martin assumé avant Bahreïn

C’est précisément pour compenser ce déficit qu’Aston Martin envisageait de prolonger son séjour en Catalogne. Une journée de tournage supplémentaire (filming day) était prévue sur le Circuit de Barcelona-Catalunya, avec à la clé jusqu’à 200 kilomètres autorisés par le règlement, soit exactement 42 tours supplémentaires.

Une opportunité précieuse, d’autant plus que chaque équipe ne dispose que de deux journées de ce type sur l’ensemble de la saison. Pourtant, contre toute attente, le plan a été annulé. Direction Silverstone, sans chercher à engranger ces kilomètres supplémentaires avec des pneus de démonstration Pirelli.

Ce choix interroge mais révèle aussi une philosophie : Aston Martin semble considérer que les données collectées suffisent à ce stade pour préparer sereinement les essais de Bahreïn. Une approche prudente, presque chirurgicale, à l’image de certaines équipes MotoGP qui préfèrent parfois préserver un pilote clé plutôt que forcer un roulage prématuré.

La question reste ouverte : ces 61 tours ont-ils rassuré l’équipe sur la fiabilité de l’AMR26, ou Aston Martin a-t-elle simplement choisi de garder ses cartouches pour plus tard ? En renonçant à 42 tours, Aston Martin n’a peut-être pas perdu du temps… mais tenté d’en gagner. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits, ou si l’AMR26 devra rattraper son retard à plein régime.

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Pour résumer

Aston Martin F1 a surpris en annulant une journée de tournage à Barcelone, renonçant à 42 tours supplémentaires avec l’AMR26. Après un shakedown perturbé, l’écurie mise sur une préparation ciblée avant Bahreïn, quitte à assumer un roulage limité.

Rédacteur

Dylan Ragot

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