F1 : McLaren a pris un gros risque pour 2026 et le pari commence déjà à payer

McLaren a changé de méthode. À Woking, la nouvelle ère réglementaire a été abordée avec une philosophie radicale : repousser au maximum la phase de conception pour exploiter chaque minute de développement… quitte à flirter avec la zone rouge avant les essais.

Résultat : la MCL40 n’a pris la piste que le mercredi à Barcelone. Un timing serré, presque dangereux dans un contexte de révolution technique. Mais totalement assumé par Andrea Stella.

« Nous avons pu collecter une grande quantité de données et commencer à comprendre comment la nouvelle génération de monoplaces se comporte réellement sur la piste et non plus uniquement sur les simulateurs. Bien sûr, nous aurions aimé faire plus de tours, mais même les difficultés qui nous ont ralentis lors des deux premiers jours ont été importantes pour nous aider à mieux comprendre comment faire fonctionner la voiture. »

Le directeur de McLaren reconnaît que ce choix a comprimé la préparation… sans pour autant compromettre le programme.

« Nous étions parfaitement conscients qu’en poussant la phase de conception à son maximum, nous arriverions à ce shakedown avec très peu de marge en termes de préparation, mais grâce au travail réalisé sur la piste et à Woking, nous avons réussi à rattraper presque tout le temps perdu : c’était un peu comme construire un avion en plein vol, mais nous l’avons fait. »

L’image est forte. Et elle résume parfaitement l’hiver de McLaren : un développement mené à haute altitude, sans filet de sécurité

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Quatre jours pour accélérer l’apprentissage chez McLaren

Si Barcelone a servi de laboratoire, Bahreïn sera le premier véritable juge de paix. McLaren y enchaînera quatre journées de roulage avec Lando Norris et Oscar Piastri, grâce à l’exploitation d’une journée de tournage supplémentaire avant les essais officiels.

Un temps de piste précieux pour affiner une monoplace qui, pour l’instant, répond aux attentes.

« Ce que nous avons vu sur la piste était conforme aux attentes et, surtout, aux simulations. Ce qui est ressorti clairement, c’est que la courbe d’apprentissage est très forte pour tout le monde – pilotes comme équipes – ce qui signifie que chaque tour vous enseigne quelque chose d’utile en matière de performance. Après tout, il était naturel de s’attendre à un tel scénario, étant donné que ces voitures sont totalement nouvelles, de A à Z.

Nous savons que la MCL40 est un bon point de départ, mais maintenant nous devons travailler dur pour la développer et, grâce à notre connaissance de la voiture, améliorer la performance globale du package, à la fois pour un avenir immédiat et pour mieux définir les lignes de développement au cours de la saison. Bien qu’il s’agisse d’indications préliminaires, je pense que l’un des domaines où il y a un grand potentiel d’amélioration est l’exploitation de la nouvelle unité de puissance et de toutes les options disponibles pour le pilote.

Il y a également beaucoup de potentiel à exploiter en termes de gestion de la configuration aérodynamique variable, en référence à l’alternance entre le mode virage et le mode ligne droite. »

Autrement dit : la base est saine, mais le plafond reste l’inconnue majeure. McLaren avance vite, très vite. Mais dans cette nouvelle ère, la vitesse de conception ne garantit pas la vitesse en piste.

Reste que pour une équipe capable de « construire un avion en plein vol », atterrir en tête du championnat n’aurait finalement rien d’impossible.

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Pour résumer

McLaren a repoussé au maximum la conception de sa F1 2026, prenant le risque d’une préparation réduite. Malgré cela, les premiers essais sont jugés positifs. L’équipe dispose d’une base solide, avec encore un fort potentiel de développement moteur et aérodynamique à exploiter.

Rédacteur

Dylan Ragot

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