
En vestes ou costumes noirs, lunettes sombres sur le nez, leurs silhouettes de justiciers de bande dessinée suspendues à la façade du gymnase semblent annoncer le casting d’une série policière à succès. Ce sont en réalité les quelque dix célébrités du Parti du peuple (Phak Prachachon, en thaï), formation renaissant sans cesse de ses cendres et grande favorite des élections législatives de dimanche 8 février en Thaïlande.
Vendredi, son dernier meeting de campagne se tient dans le quartier populaire de Din Daeng, dans le nord de Bangkok, au pied d’immeubles promis à la démolition – là où des groupes de jeunes ont affronté la police pendant des mois après les manifestations historiques de 2020.
Dans la foule en orange, la couleur du parti, des jeunes et des moins jeunes, venus parfois en famille, achètent des éventails à l’effigie de leurs tribuns favoris, connus sous leurs surnoms : « Teng », le candidat au poste de premier ministre, « Pita », l’ancien chef du parti, ou « Ice », la jeune députée au franc-parler Rukchanok Srinork. Là où les autres formations n’alignent qu’une ou deux figures issues du sérail, souvent sans charisme, les candidats – ou anciens candidats – du Parti du peuple sont les nouveaux héros de nombreux Thaïlandais en raison de leur pugnacité au Parlement et de leurs promesses de changement. Leurs adversaires conservateurs en font de dangereux « républicains », un qualificatif infamant aux yeux des partisans de l’ordre centré sur l’armée et le palais.
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