
D’abord lointain, le son du bourdonnement caractéristique d’un drone a soudainement couvert le sifflement du vent, jeudi 6 février, sur le Tell Kawkab, une colline stratégique qui domine, à 526 mètres d’altitude, l’agglomération de Hassaké et sa plaine du nord-est de la Syrie. « C’est l’un des nôtres », assure une combattante des Unités de protection de la femme (YPJ) qui, quelques minutes plus tard, n’en est plus tout à fait certaine.
Depuis cette ex-base de l’ancien régime, reprise par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024, les forces kurdes dominent les positions de la nouvelle armée syrienne et la ligne de front qui enserre Hassaké. De cette éminence, la seule de la région, aucun mouvement n’échappe aux combattants qui surveillent la plaine en contrebas. La veille au soir, une tentative d’infiltration d’une petite colonne de militaires envoyées par Damas a été stoppée à un jet de pierre de Tell Kawkab, selon l’officier qui commande la position. Après un échange de tirs « à l’arme légère », précise-t-il.
Huit jours après avoir signé un accord de cessez-le-feu, le 30 janvier, au terme de trois semaines de combats qui ont vu l’armée gouvernementale s’approcher du cœur des territoires à peuplement kurde de la région de la Djézireh (nord-est), les combattants kurdes du Rojava, comme ceux de Damas, restent en état d’alerte. Les premières mesures de désescalade, qui prévoyaient que l’armée syrienne et les FDS se retirent des positions qu’elles occupent l’une en face de l’autre, peinent à se matérialiser.
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