En Haute Gironde, à Cubnezais, les défenseurs de la forêt de pins s’opposent à un projet électrique

La présence d’un poste électrique de 400 000 volts n’étant pas étranger &agrave…

La présence d’un poste électrique de 400 000 volts n’étant pas étranger à l’affaire. Deux autres postes avaient été envisagés à Braud-et-Saint-Louis et Le Marquis (Ambès), mais le premier étant situé en zone inondable et l’autre en zone Natura 2000, RTE a fait le choix de Cubnezais.

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Or, le choix du site d’implantation sur la commune pose problème. Car, là aussi, si trois emplacements ont été envisagés, selon RTE, « tous à moins de 5 km du poste électrique », celui qui a été choisi est une parcelle de pins de 18 hectares appartenant à la commune. « Ce site a été retenu car c’était celui qui présentait le meilleur compromis en termes de proximité avec le poste de Cubnezais, d’enjeux environnementaux (pins de culture à maturité et abîmés dans un incendie) et de gêne potentielle pour les riverains », indique-t-on chez RTE.

Manque de transparence ?

Sauf que tous les habitants ne partagent pas cette analyse et redoutent de voir cette forêt disparaître. « Une forêt où l’on peut voir des sangliers, des chevreuils, des salamandres. Où les gens peuvent venir se promener en toute sécurité avec leurs enfants ou leurs chiens, où ils peuvent courir, le parcours de santé étant à proximité. C’est un lieu de promenade prisé par les gens », indiquent Thierry Faureau et l’un de ses amis qui, justement, en train de retaper une maison à proximité de ce terrain.

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« C’est une destruction gratuite et inutile qui correspond à un simple intérêt financier. Nous voulons préserver ce coin de nature. Quitte à trouver un terrain, pourquoi ne pas s’installer, à l’heure de la crise viticole, sur un terrain où les vignes ont été arrachées, il y a sans doute un viticulteur qui aurait été ravi de céder ses terres », poursuivent-ils (1).

« C’est une destruction gratuite et inutile. Nous voulons préserver ce coin de nature »

Surtout, les deux hommes reprochent au maire, Jean-Luc Desperiez, un manque de transparence sur ce projet, « il a permis des carottages dans la forêt sans en parler à personne et aucune décision n’a été prise au Conseil municipal. La première fois qu’on n’en a entendu parler, c’était ».

Pas toute la forêt

Le son de cloche est bien différent du côté du maire Jean-Luc Despierez. « Le projet existe depuis 2024 et une réunion publique, où RTE était venu l’exposer, s’est déroulée le 3 avril dernier à la salle des fêtes. Il y avait des élus et des gens de la commune. Et le 16 décembre, nous avons eu une autre réunion avec le préfet au cours de laquelle le projet, à la fois souterrain et sous-marin a été validé », affirme-t-il. Une déclaration appuyée par la communication de RTE qui affirme que les préfets de Loire-Atlantique et de Nouvelle-Aquitaine ont réuni ce jour-là tous les acteurs concernés par le projet (élus, associations de protection de l’environnement, acteurs de la pêche, de l’agriculture et de la sylviculture). Apparemment, personne n’a trouvé à redire au projet, « ceux-ci ont donné leur accord à l’unanimité ».

Le site de conversion pour le projet Gascogne, les opposants ne veulent pas en voir un second dans la forêt de pins.

Le site de conversion pour le projet Gascogne, les opposants ne veulent pas en voir un second dans la forêt de pins.

Marie-Christine Wassmer

Alors, Jean-Luc Despierez tempère. D’abord sur la non-transparence municipale : « Tous les conseillers sont au courant ». Ensuite sur l’impact du projet : « Sur les 18 hectares, seuls huit seront concernés. Il y aura des aménagements paysagers pour masquer les deux bâtiments de 20 mètres de haut. La promenade restera possible, le chemin forestier va demeurer. Et puis, il y aura des compensations, l’achat de terrains supplémentaires pour installer des zones humides ». Tout comme il rejette l’idée d’installation sur une ex-parcelle de vigne : « Vous croyez que les gens seraient plus heureux de voir ces bâtiments au milieu d’un champ ? »

Le maire rappelle, par ailleurs, que le projet n’a pas encore démarré. « Il est lié aux études sur les parcs éoliens qui sont programmés au large des îles d’Oléron et de Ré. Aujourd’hui, rien n’a été décidé puisque l’État veut un moratoire sur les énergies renouvelables ». Un sursis pour la parcelle de pins de Cubnezais. Alors que RTE annonce une continuité des consultations sur le projet Gila cette année, notamment sur le plan de l’insertion des constructions dans l’environnement.

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