Les rouges-gorges, mésanges et merles s’agitent déjà dans les jardins, et beaucoup de lecteurs se demandent s’il faut encore les nourrir une fois l’hiver terminé. Le jardinier britannique Monty Don, présentateur de l’émission Gardeners’ World, vient justement de donner un conseil très simple pour le mois d’avril, qui ne demande ni gros budget ni sac de graines spécialisé.
Pour lui, c’est même le moment de continuer à donner un petit coup de pouce aux oiseaux, alors que la nature n’a pas encore repris pleinement son rythme. La surprise, c’est que deux restes de cuisine que l’on jette souvent suffisent déjà à les aider.
Pourquoi Monty Don souhaite qu’on nourrisse encore les oiseaux en avril
Dans son blog d’avril, Monty Don rappelle que c’est une période charnière pour la faune. Il écrit : « La plupart des oiseaux seront en train de nicher, de pondre des œufs et d’élever des jeunes tout au long du mois. Continuez à mettre de la nourriture si vous en avez », explique-t-il, cité par WalesOnline. Les parents font des allers-retours constants pour nourrir les oisillons, alors que les insectes restent encore rares certains jours frais.
Ce constat rejoint les chiffres français. Selon le Muséum national d’Histoire naturelle, 38 % des oiseaux communs des jardins ont disparu en moins de 30 ans, et la Ligue pour la Protection des Oiseaux estime qu’un rouge-gorge a besoin de 10 à 15 kcal par jour en période de gel. Dans un autre billet, Monty Don précise : « La plupart des oiseaux nichent et pondent des œufs ce mois-ci, et beaucoup vont commencer à élever des jeunes. C’est donc une période qui exige énormément d’énergie alors qu’il n’y a pas beaucoup de nourriture naturelle disponible. Alors continuez à nourrir les oiseaux tout le mois, en vous concentrant sur des aliments très énergétiques comme la graisse, les cacahuètes et les graines de tournesol. »
Fromage râpé et miettes de pain : les deux restes de cuisine mis en avant
Pour ceux qui n’ont pas de mélange spécial à la maison, Monty Don rassure. Il écrit que « des flocons de fromage et des miettes de pain sont une bonne option si vous n’avez pas accès à de la nourriture classique pour oiseaux ». Concrètement, il suffit de récupérer un talon de fromage râpé, de préférence peu salé, et de le réduire en fins copeaux. Une petite cuillère déposée sur une table à oiseaux apporte graisses et protéines, très utiles aux parents épuisés. Monty Don a déjà rappelé qu’ »une petite cuillère de fromage râpé peu salé couvre déjà environ un tiers du besoin quotidien d’un rouge-gorge ».
Les miettes de pain font partie de ces restes de cuisine que l’on peut utiliser en dépannage, à condition de rester raisonnable. Le pain doit être sain, sans moisissure, idéalement émietté très finement pour éviter qu’il ne gonfle dans l’estomac. Il reste moins nutritif que les graines ou la graisse, mais mélangé à ces aliments plus riches, il complète utilement le menu lorsque le garde-manger est vide.
Comment utiliser ces restes sans mettre les oiseaux en danger
Certains réflexes évitent les faux pas. Monty Don insiste : « Évitez tout ce qui est salé comme les chips, les cacahuètes salées ou le bacon », car l’excès de sel fatigue les reins des oiseaux. Les pâtes, le riz ou les pommes de terre cuites peuvent aussi être proposés, mais toujours nature, sans sel, huile, beurre ni sauce, comme le rappelle la RSPCA. Et une fois lancé, mieux vaut tenir le rythme, prévient Monty Don : « Dès que vous commencez à nourrir, essayez d’être aussi régulier que possible, car les oiseaux dépensent une énergie précieuse pour se rendre à votre mangeoire, énergie qui est ensuite gaspillée si elle est vide. »
Reste la question de l’emplacement et de l’hygiène. La Royal Society for the Protection of Birds explique qu’une mangeoire doit être installée dans un endroit calme et abrité du vent. Elle conseille : « Pas trop près des buissons où des prédateurs pourraient se cacher à l’affût, mais assez près d’un couvert pour que les oiseaux puissent s’y réfugier facilement. Les oiseaux aiment avoir une vue dégagée tout autour d’eux pendant qu’ils se nourrissent. » L’association ajoute : « Où que vous placiez votre mangeoire, assurez-vous de pouvoir la voir depuis l’intérieur pour en tirer le plus de plaisir possible ! Gardez à l’esprit qu’il peut falloir un peu de temps aux oiseaux pour s’habituer à une nouvelle mangeoire, alors ne soyez pas déçu si peu d’oiseaux la visitent au début. » Un nettoyage hebdomadaire avec un désinfectant doux, le retrait régulier des débris, et une pause de quelques semaines en cas d’oiseaux malades complètent ce geste simple autour des restes de cuisine.