Dépression Leonardo : fin de l’alerte rouge aux pluies dans le sud de l’Espagne, une femme portée disparue

Un homme traverse une rue inondée à Jimera de Libar (Espagne), le 4 février 2026. Un homme traverse une rue inondée à Jimera de Libar (Espagne), le 4 février 2026.

L’agence météorologique espagnole, l’Aemet, a levé jeudi 5 février l’alerte rouge aux pluies exceptionnelles. Le passage de la dépression Leonardo a provoqué de nombreux dégâts en Andalousie (Sud) et la disparition d’une femme tombée dans un cours d’eau, a annoncé la garde civile.

« Il va continuer de pleuvoir en Andalousie. Les précipitations seront moins intenses, même si des litres d’eau continueront de s’accumuler dans des zones déjà très saturées », a fait savoir dans un communiqué l’Aemet, l’agence météorologique nationale.

En Andalousie, dans le sud du pays, la région la plus touchée par le passage de la dépression Leonardo, l’organisme public a annoncé abaisser son alerte pour très fortes précipitations de rouge – le niveau le plus élevé – à orange, mettant en garde toutefois contre des vents toujours « très forts ». Des zones du nord-ouest de l’Espagne se trouvent également en alerte orange jeudi, selon l’Aemet.

En Andalousie, où localement plus de 40 cm de pluie sont tombés, soit jusqu’à plusieurs mois de précipitations par endroits, la Garde civile a affirmé à l’Agence France-Presse « continuer de chercher une femme tombée dans la rivière Turville, sur la commune de Sayalonga ». « Elle était avec une autre femme, c’est elle qui nous a alertés », a précisé cette source.

La dépression Leonardo, septième tempête depuis le début de l’année, a frappé mercredi la péninsule Ibérique, faisant un mort au Portugal et entraînant l’évacuation de milliers de personnes, ainsi que la paralysie du trafic ferroviaire et routier en Andalousie.

La péninsule Ibérique est en première ligne du dérèglement climatique et subit, depuis plusieurs années, des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents, souvent dévastateurs.

Risque de glissements de terrain

L’Aemet avait décrété l’alerte rouge (la plus élevée) dans les massifs de Grazalema et de Ronda, en Andalousie, ainsi que dans la zone du détroit de Gibraltar, face au « danger extraordinaire » dû aux précipitations, plusieurs rivières menaçant de déborder.

A Grazalema, village de montagne de la province de Cadix, il est tombé plus de 400 millimètres de pluie, soit « ce qui tombe généralement à Madrid en une année », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Ruben del Campo, porte-parole de l’Aemet. Au cours des dix derniers jours, cette ville de près de 2 000 habitants a reçu plus de pluie que ce que reçoit en un an « la ville de La Corogne, en Galice, réputée très pluvieuse », a-t-il ajouté.

Auparavant, sur le réseau social X, il avait rappelé que ces « pluies extraordinaires » étaient aggravées « par le fait qu’il a déjà plu intensément ces dernières semaines, les sols sont très saturés, les cours d’eau charrient déjà beaucoup d’eau ». « Il est très probable que des crues, des inondations et des glissements de terrain se produisent », a-t-il ajouté.

« Il y a de nombreux éboulements, de nombreuses routes et chemins sont coupés (…) Ce sont de très grandes quantités d’eau qui s’accumulent, que la terre n’arrive plus à absorber », a commenté à la télévision espagnole, Maria Paz Fernandez, maire de Ronda (plus de 30 000 habitants), à une trentaine de kilomètres de Grazalema.

3 500 personnes évacuées à titre préventif

En raison de la situation qui a touché presque toute l’Andalousie, 3 500 personnes ont été évacuées à titre préventif et les écoles ont été fermées. Presque tous les trains ont été annulés dans la région, selon la compagnie publique espagnole Renfe, tout comme l’accès aux ports.

Le président régional d’Andalousie, Juan Manuel Moreno, avait demandé mardi « la plus grande prudence » et « du bon sens », surtout à proximité « des rivières et des zones inondables ». « Evitez les déplacements inutiles », a conseillé de son côté sur X le premier ministre, Pedro Sanchez, appelant à la « plus grande prudence » alors que près d’une cinquantaine de routes étaient coupées.

Les services d’urgence andalous ont fait savoir avoir traité plus de 650 incidents au cours de la journée, mais aucun très grave. Mercredi, 400 soldats de l’unité militaire d’urgence (UME) étaient déployés en Andalousie pour aider les secours, et d’autres de l’armée de terre étaient « prêts » à intervenir si nécessaire, a expliqué la ministre de la défense, Margarita Robles.

En octobre 2024, des inondations avaient fait plus de 230 morts, principalement dans la région de Valence.

83 000 foyers et entreprises privés d’électricité au Portugal

Au Portugal, la protection civile a annoncé que les inondations avaient fait un mort et précisé que 200 personnes avaient été évacuées mercredi dans les régions du centre. Depuis dimanche, les services d’urgence ont géré plus de 3 300 incidents, principalement dus à des inondations, des chutes d’arbres et des glissements de terrain.

A Alcacer do Sal, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne, le fleuve Sado est sorti de son lit et la principale avenue du centre-ville a été inondée, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le Portugal a été frappé ces dernières semaines par plusieurs tempêtes, la plus dévastatrice, Kristin, ayant fait cinq morts et de nombreux dégâts. A cause des pluies, 83 000 foyers et entreprises étaient privés d’électricité depuis plusieurs jours. Selon l’agence météorologique portugaise, le pic des intempéries était attendu dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le Monde avec AFP

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