L’entrée de Cadillac en Formule 1 n’est pas qu’un coup marketing. C’est une déclaration industrielle.
Dans un paddock où la maîtrise du moteur conditionne le pouvoir sportif et politique, la future équipe américaine prépare méthodiquement son indépendance technique. Et derrière le logo iconique, c’est toute la machine General Motors qui s’active déjà. Objectif : ne dépendre de personne.
Cadillac l’assume : l’ère Ferrari ne sera qu’une transition. Si la future structure américaine utilisera des groupes propulseurs clients italiens à ses débuts, le véritable projet se joue ailleurs — dans les ateliers de GM Performance Power Units, la division moteur créée en 2025 à Concord, en Caroline du Nord.
Un programme stratégique confirmé par Dan Towriss, PDG de TWG Motorsports, entité qui chapeaute Cadillac F1.
« Le projet est en réalité en avance sur le planning », a expliqué Towriss. « À ce stade, notre objectif est toujours de faire débuter le groupe propulseur Cadillac en compétition en 2029. Il y a évidemment des discussions en cours sur l’évolution des règlements moteurs, que nous suivons de très près. Mais dans le cadre réglementaire actuel, nous sommes sur les rails pour être prêts en 2029. »
Un calendrier ambitieux, surtout dans un contexte réglementaire instable. Car la FIA étudie déjà des ajustements moteurs potentiels avant 2031 — ce qui pourrait réduire la durée de vie du premier bloc Cadillac. Mais l’Américain balaie le doute.
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Cadillac prépare son indépendance technologique
Pour Cadillac, utiliser Ferrari n’a rien d’un frein. Au contraire, c’est une rampe de lancement. Towriss insiste sur la séparation totale entre les deux programmes, notamment sur la propriété intellectuelle.
« Chaque constructeur arrive avec sa propre IP. Ferrari a la sienne, et de notre côté, avec GM Performance Power Units, nous développons la nôtre. Ce groupe fait partie intégrante du projet Formule 1 Cadillac. Nous concevons nos propres moteurs, notre propre technologie, et ce sera un produit GM à part entière sur la grille. En attendant, nous serons clients Ferrari pendant que nous développons nos propres unités, et cela ne pose aucun problème. »
Un message clair : Cadillac ne veut pas être une simple équipe cliente. La marque veut devenir motoriste à part entière — au même rang que Mercedes, Ferrari ou Honda.
Les presento mi @Cadillac_F1
Orgulloso de representar a toda América, orgulloso de ser latino. pic.twitter.com/VCAUZMYHQp— Sergio Pérez (@SChecoPerez) February 9, 2026
Un pari risqué… mais assumé
Investir massivement pour un moteur potentiellement exploité seulement quelques saisons ? La question existe. Mais Cadillac raisonne à long terme, en image comme en technologie.
« Nous suivons très attentivement l’évolution des règlements. Il est possible qu’ils changent avant 2031, comme il est possible qu’ils ne changent pas. Indépendamment de cela, je pense qu’il est essentiel de voir un moteur Cadillac sur la grille le plus rapidement possible. C’est notre priorité absolue. S’il existe des moyens d’accélérer le processus, nous les étudierons. Mais aujourd’hui, l’objectif reste clairement fixé sur 2029. »
Autrement dit : règlement ou pas, Cadillac avance. Ce positionnement révèle une ambition bien plus large que la simple présence en F1.vDévelopper son propre moteur, c’est contrôler sa performance, son image, son transfert technologique vers la route — et son poids politique dans les futures règles.
Exactement ce qui sépare les figurants des puissances.vEt dans cette bataille d’influence, Cadillac ne veut pas seulement rejoindre la grille. Elle veut s’y imposer.
Car en Formule 1, l’histoire montre une constante : ceux qui construisent leur moteur construisent aussi leur légende. Reste à savoir si, en 2029, le rugissement promis aura la noblesse… ou la brutalité d’un vrai V8 américain dans l’âme — même à l’ère hybride.
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Pour résumer
Cadillac confirme préparer une unité de puissance 100 % General Motors pour 2029. Développé par GM Performance Power Units, le projet est déjà en avance selon Dan Towriss. D’ici là cliente Ferrari, la marque vise l’indépendance totale et une place durable parmi les grands motoristes de F1.
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