
Les chèques au Trésor public, c’est terminé, ou presque. Après avoir préparé le terrain pendant plusieurs mois, le ministère de l’économie et des finances a décidé de mettre au plus vite un terme à l’utilisation par les contribuables de ce mode de paiement jugé coûteux. L’annonce en a été faite ces dernières semaines aux agents concernés de la direction générale des finances publiques. Objectif : amener les entreprises et les particuliers à employer d’autres moyens, d’ici à l’été 2027, pour verser ce qu’ils doivent au Trésor. « La fin des encaissements par chèques peut ainsi s’envisager à horizon 2028 », indique la direction générale dans un document interne consulté par Le Monde.
Une page d’histoire va se tourner. Mis en place dans l’Hexagone en 1865, le chèque s’est peu à peu imposé, jusqu’à devenir dans la seconde moitié du XXe siècle l’outil de règlement privilégié des Français, y compris pour les impôts, les contraventions, la cantine et les voyages scolaires, etc. Simple, gratuit, facile. Cette période est révolue. Les « petits carrés de papier imprimés » chers à Balzac ont été détrônés par la carte bancaire, les virements, et les applications mobiles comme Lydia. Ils représentent désormais moins de 2 % du nombre total de transactions en France, contre 37,5 % en 2000.
A Bercy, les responsables suivent le mouvement de près. En onze ans, le nombre de chèques encaissés par les recettes publiques a fondu de plus de 75 %. Face à ce déclin, le ministère a décidé d’adapter son dispositif de traitement. Les centres de Lille et de Créteil ont fermé en 2023. Une partie de l’activité a été confiée à un prestataire privé français, Tessi. Un seul centre public fonctionne encore, à Rennes, mais avec du matériel jugé obsolète.
« Décrue »
« La question se posait de réinvestir ou non dans cet outil, explique la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier. En conscience, j’ai donné la priorité à d’autres investissements, et choisi d’accélérer la décrue du chèque. » Avec une échéance claire : l’été 2027. C’est le moment où se terminera le contrat avec Tessi, et où le centre de traitement de Rennes fermera à son tour. La direction générale des finances publiques espère n’avoir plus alors à traiter qu’une infime quantité résiduelle de chèques.
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