Aston Martin : Alonso refuse la panique et envoie déjà un message fort sur l’ère Newey

Difficile de manquer les signaux envoyés par Aston Martin à Bahreïn : roulage limité, contretemps techniques, et une AMR26 encore verte. Pourtant, dans le paddock, Fernando Alonso refuse toute lecture alarmiste.

Le double champion du monde ne nie rien… mais il remet chaque difficulté dans son contexte, celui d’un projet encore en rodage.

« Nous ne sommes clairement pas dans la position dans laquelle nous voulions être. Nous avons commencé avec du retard. Manquer Barcelone a été un gros problème parce que ce n’était pas seulement manquer le test de Barcelone, c’était aussi manquer les journées de tournage avant.

Certaines équipes ont fait rouler leur voiture le 9 janvier, donc maintenant cela fait un mois qu’elles analysent les données et résolvent des problèmes.Un capteur ici, la température là, peu importe… Nous n’avons pas roulé à Barcelone, nous n’avons pas eu de journée de tournage avant Barcelone ni avant ici, et maintenant, pour nous, c’est vraiment le premier test ici à Bahreïn.

Donc nous trouvons de petits problèmes ici et là, à chaque run. Et cela affecte un peu le programme : quand on ne roule pas proprement, run après run, on ne progresse pas vraiment dans les réglages. Si nous avons un programme pour tester trois rigidités différentes de suspension, nous faisons un run puis quelque chose apparaît dans les données, nous devons enquêter ou changer le capteur, nous repartons mais c’est une heure plus tard donc la piste est différente.

Donc nous trouvons aussi des limites pour débloquer la performance parce que nous ne roulons pas de manière continue.Mais peut-être que les autres équipes ont rencontré ces difficultés lors des journées de tournage ou à Barcelone lors des premiers jours, et que nous les découvrons maintenant malheureusement. »

Un retard réel, donc, mais pas irrattrapable selon Alonso, qui insiste sur la nature évolutive de ces essais.

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La confiance Newey comme boussole pour Alonso

Si Alonso reconnaît des zones d’ombre côté groupe propulseur, il se montre en revanche catégorique sur un point : le châssis conçu sous la houlette d’ Adrian Newey reste une base solide.

« L’unité de puissance, c’est un peu plus difficile parce que nous n’avons pas encore une bonne compréhension du règlement et de ce qui est nécessaire. Mais du côté du châssis, il n’y a pas de point d’interrogation là-dessus.

Après plus de 30 ans durant lesquels Adrian a dominé la F1, ce n’est pas comme s’il allait tout oublier en un an. Je ne sais pas où nous en sommes actuellement en termes de châssis et de niveau d’adhérence, mais même si nous ne sommes pas à 100% maintenant, nous y serons bientôt parce que nous réglerons tous les problèmes sur l’unité de puissance.

Je pense que nous devons nous donner du temps et comprendre où nous en sommes et, si nous sommes en retard, nous améliorer aussi vite que possible. »

Pour illustrer le potentiel encore caché de l’AMR26, Alonso évoque même des gains bruts encore inexploités :

« J’ai fait un tour hier où je suis sorti large au virage 4, et ensuite, jusqu’à la ligne d’arrivée, j’ai gagné huit dixièmes. C’est juste pour vous donner une idée du nombre d’erreurs qu’il y a dans chaque tour que nous faisons actuellement. Il y a des tours où nous gagnons ou perdons huit dixièmes en changeant un seul réglage. Donc ce n’est pas comme si nous devions trouver deux dixièmes en optimisant.

Peut-être que nous débloquerons des secondes quand nous optimiserons tout. Donc espérons que la semaine prochaine nous aurons une meilleure vision. Comme je l’ai dit, nous sommes réalistes. Nous ne serons pas les plus rapides à Melbourne. Nous avons commencé en retard, mais il est difficile de deviner exactement où nous nous situons. »

Un discours lucide, mais résolument tourné vers la progression. Et chez Aston Martin et Alonso, malgré les turbulences actuelles, la foi dans le génie Newey reste intacte : l’histoire n’est peut-être pas encore rapide… mais elle est déjà en marche, Alonso l’espère.

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Pour résumer

En difficulté lors des essais de Bahreïn, Aston Martin accuse du retard technique et opérationnel. Mais Fernando Alonso refuse toute panique : confiant dans le châssis signé Newey, l’Espagnol parie sur une montée en puissance progressive plutôt que sur un succès immédiat.

Rédacteur

Dylan Ragot

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