La Ligue de Football Professionnel (LFP) est une association régie par la loi de 1901. Placée sous l’autorité de la Fédération Française de Football (FFF), elle est chargée d’organiser et de gérer le football professionnel en France.
À ce titre, la LFP exerce une mission d’intérêt général. Elle organise notamment les compétitions de Ligue 1 et Ligue 2. Elle organise notamment les compétitions de Ligue 1 et de Ligue 2, établit le calendrier des rencontres et commercialise les droits de diffusion audiovisuelle auprès de chaînes de télévision et de plateformes numériques.
Depuis septembre 2020, la LFP est présidée par Vincent Labrune. Il dirige l’organisme avec un conseil d’administration composé de représentants de club. Parmi eux figure Nasser Al-Khelaïfi, président du club du Paris Saint-Germain (PSG).
Nasser Al-Khelaïfi est également président du groupe qatari BeIN Media Group, propriétaire de BeIN Sports, qui diffuse de nombreuses compétitions sportives en France.
En juillet 2024, la LFP engage une réflexion sur l’attribution des droits de diffusion de la Ligue 1. Dans ce cadre, la plateforme DAZN, spécialisée dans le streaming sportif, propose une offre de 400 millions d’euros pour diffuser la compétition. De son côté, le 13 juillet 2024, BeIN Sports soumet une offre complémentaire de 100 millions d’euros pour la diffusion d’un match par semaine.
Le lendemain, une réunion préparatoire en visioconférence est organisée entre les instances dirigeantes de la LFP afin d’évoquer l’attribution de ces droits audiovisuels et des différentes offres.
Selon un enregistrement de cette réunion, rendu public le 19 février 2025 par France Télévisions, Nasser Al-Khelaïfi aurait exercé des pressions sur d’autres membres du conseil d’administration de la LFP en faveur de l’offre de BeIN Sports.
Le 31 juillet 2024, à l’issue d’un vote du conseil d’administration, l’offre de BeIN Sports est finalement retenue, attribuant à cette chaîne la diffusion d’un match par semaine.
Or, en tant que membre du conseil d’administration de la LFP, organisme investi d’une mission d’intérêt général, Nasser Al-Khelaïfi peut être considéré comme une personne chargée d’une mission de service public.
Par ailleurs, en sa qualité de président de BeIN Media Group, il disposait d’un intérêt financier direct dans l’attribution des droits à la chaîne appartenant à son groupe.
Dans ces conditions, s’il était établi qu’il a cherché à influencer la décision dans un sens favorable à ses intérêts, ces faits pourraient être qualifiés de prise illégale d’intérêts.
La procédure judiciaire :
- Le 3 mars 2026, l’association Anticor a transmis un signalement à la procureure de la République de Paris.
Fondements de l’action juridique d’Anticor :
prise illégale d’intérêts
Pourquoi Anticor a-t-elle décidé d’agir dans cette affaire ?
La décision issue de cette réunion, apparaissant fortement influencée par Nasser Al-Khelaïfi, n’aurait pas été prise conformément à l’intérêt du développement du football en France, mais en faveur d’intérêts privés du président du PSG et de BeIN Sports.
Les conséquences de cette situation semblent déjà se faire sentir. Selon plusieurs articles de la presse sportive, la plateforme DAZN, pourtant attributaire d’une partie des droits de diffusion de la Ligue 1, n’aurait réglé qu’environ 50 % avant de finalement abandonner les droits.
Cette difficulté de paiement pourrait constituer le signe précurseur d’une crise plus large affectant l’économie du football professionnel français.
Par ailleurs, cette instabilité financière ferait peser des incertitudes sur de nombreux emplois liés à cet écosystème.
Plus largement, cette affaire illustre les risques que peut engendrer l’imbrication d’intérêts privés dans des décisions relevant de l’intérêt général. Lorsqu’une telle situation se produit, elle est susceptible de fragiliser non seulement la gouvernance des institutions concernées, mais aussi le développement du sport le plus populaire de France.
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