
Au lendemain de l’annonce par le Parquet national financier (PNF) de l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Jack Lang, et sa fille Caroline Lang, pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » et leurs liens financiers supposés avec Jeffrey Epstein, le président de l’Institut du monde arabe (IMA) a affirmé que « les accusations portées à [son] encontre [étaient] infondées », auprès de l’Agence France-Presse (AFP), samedi 7 février.
Jack Lang doit se rendre dimanche au Quai d’Orsay à la demande du ministre des affaires étrangères, à la suite de la publication à la fin de janvier de nouveaux documents sur le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, qui ont fait apparaître des liens entre les deux hommes.
Si aucune charge ne pèse à ce stade contre l’ancien ministre, la mention de son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein et ses liens d’intérêt avec le financier américain ont poussé de nombreux membres de la classe politique à exiger son départ de l’IMA.
« De premiers éléments inédits et d’une extrême gravité »
De Beyrouth où il poursuivait son voyage, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que sa « priorité, c’est évidemment de garantir le bon fonctionnement et la continuité et l’intégrité de l’Institut du monde arabe », soulignant que « les premiers éléments qui ressortent de ces dossiers sont inédits et d’une extrême gravité » et « exigent un travail d’enquête rigoureux et approfondi ».
« Je me réserve, s’agissant de la poursuite de son mandat, toutes les options », a-t-il ajouté, alors que la subvention annuelle du ministère, 12,3 millions d’euros, représente la moitié du budget de l’IMA.
L’avocat de M. Lang, Laurent Merlet, a estimé « normal que la tutelle demande des explications à une personne mise en cause et ne se contente pas de ce qu’elle peut lire sur les réseaux sociaux et dans les médias. Il s’agit de connaître sa position ». Il a nié auprès de l’AFP l’idée que les documents Epstein prouvent « d’intenses liens d’amitié » entre le criminel sexuel américain et son client.
Riad à Marrakech et société offshore
Dans le communiqué envoyé samedi à l’AFP, M. Lang ne s’est pas exprimé davantage sur une éventuelle démission. D’après l’entourage du ministre, Jean-Noël Barrot lui a demandé dans ce contexte « de prendre rapidement la bonne décision ».
Mercredi, l’homme avait formellement exclu de quitter son poste. Sans nier ses liens avec le financier américain mort en 2019, il a plaidé la naïveté et assuré qu’il ignorait tout du passé criminel de cet homme quand il l’a rencontré, il y a « une quinzaine d’années », par l’entremise du réalisateur Woody Allen.
Parmi les échanges entre les deux hommes, plusieurs messages de 2015 révèlent des négociations autour de la vente d’un riad à Marrakech entre eux. Egalement mise en cause dans les documents publiés par l’administration américaine, Caroline Lang, fille de Jack Lang, a démissionné lundi de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma après des révélations sur une société offshore qu’elle a fondée en 2016 avec l’homme d’affaires américain.
Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/07/affaire-epstein-jack-lang-denonce-des-accusations-infondees-apres-l-ouverture-d-une-enquete-par-le-parquet-national-financier-pour-blanchiment-de-fraude-fiscale-aggravee_6665802_3210.html