Affaire Epstein : des élus démocrates du Congrès s’indignent de la surveillance de leurs recherches au ministère de la justice

L’élue démocrate à la Chambre des représentants Pramila Jayapal (Etat de Washington) interroge la ministre de la justice américaine Pam Bondi devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 février 2026. L’élue démocrate à la Chambre des représentants Pramila Jayapal (Etat de Washington) interroge la ministre de la justice américaine Pam Bondi devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 février 2026.

Des élus démocrates au Congrès américain ont condamné, jeudi 12 février, le suivi par l’administration Trump de leurs recherches effectuées au ministère de la justice dans les documents du dossier Epstein qui n’ont pas encore été rendus publics.

« Il est complètement inapproprié et à l’encontre de la séparation des pouvoirs pour le ministère de la justice de nous surveiller tandis que nous cherchons dans le dossier Epstein », s’est indignée l’élue démocrate à la Chambre des représentants Pramila Jayapal (Etat de Washington).

Plusieurs élus ont obtenu accès depuis cette semaine aux documents non caviardés du dossier sur le criminel sexuel, mort en prison en 2019. Ils ont pu les consulter au ministère de la justice, qui a confirmé dans un communiqué à l’Agence France-Presse (AFP) que les recherches effectuées par les élus étaient enregistrées.

Lors d’une audition mercredi devant une commission de la Chambre des représentants, la ministre de la justice, Pam Bondi, était venue avec plusieurs documents, dont au moins un comportait les recherches effectuées par cette députée, a montré une photo de l’AFP.

« C’est scandaleux », a estimé Pramila Jayapal sur X.

Pour le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, ce suivi n’est pas « surprenant ». « Il n’existe aucune limite pour l’administration Trump, pour Pam Bondi, et pour les autres lèche-bottes qui font partie de cette administration corrompue », a tonné le responsable lors d’une conférence de presse jeudi.

Des critiques aussi chez les républicains

Sollicité par l’AFP, le ministère de la justice a affirmé par la voix d’une porte-parole que cet enregistrement des recherches effectuées par les élus sur les ordinateurs du ministère avait été réalisé « afin de se prémunir contre la divulgation d’informations sur les victimes ».

A droite, certains fidèles de Donald Trump ont également exprimé leur rejet de ce suivi effectué par l’administration. « Je pense que les membres [du Congrès] devraient évidemment avoir le droit de parcourir [les documents] à leur propre rythme, et selon leur propre jugement », a déclaré le président républicain de la Chambre, Mike Johnson. « Je ne pense pas qu’il soit approprié pour quiconque de suivre cela », a-t-il ajouté devant la presse, même s’il a estimé que cela relevait sûrement d’une « mégarde » par le ministère.

Lors de l’audition de Pam Bondi mercredi, les membres démocrates de la commission judiciaire de la Chambre l’ont accusée d’« étouffer » l’affaire Epstein et d’avoir transformé son ministère en « instrument de vengeance » de Donald Trump.

Le gouvernement du républicain fait de nouveau face à des accusations de manque de transparence après la publication fin janvier de millions de pages du dossier du criminel sexuel Jeffrey. Plusieurs élus ont notamment critiqué mercredi le fait que les noms de possibles complices de Jeffrey Epstein avaient été caviardés, contrairement à ce qu’exige une loi promulguée en novembre.

Le Monde avec AFP

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