
À la genèse de l’Agglo
Première adjointe chargée de la coordination des politiques municipales et des marchés publics, puis des ressources humaines, elle s’installe dans les rouages. Les marchés, les finances, les dossiers qui ne font pas la une mais sans lesquels rien ne tient. « Les ressources humaines, c’est le cœur du réacteur. » Douze ans à recevoir les agents, lire leurs évaluations, arbitrer des carrières, négocier avec les syndicats. « Un agent qui demandait un rendez-vous était reçu. » Elle revendique cette proximité, loin des rubans à couper. Son autre fierté tient dans le béton et la pierre. Le projet urbain lancé à partir de 2014, à contretemps d’une époque où les dotations baissent et les collectivités serrent les freins. Libourne choisit d’investir. Réaménager, rénover, transformer. Elle se souvient d’un moment précis : au sommet de la flèche restaurée de l’église Saint-Jean, face à la ville. « C’était incroyable. » Une vue comme un symbole : la politique locale, quand elle s’incarne, laisse des traces tangibles.
Et puis il y a la Cali. La Communauté d’agglomération du Libournais, née en 2012 sous l’impulsion de Gilbert Mitterrand notamment. Elle en sera la première directrice de cabinet. « On l’a construite. » Pour elle, c’est un jalon majeur. Une intercommunalité solide, capable de discuter d’égal à égal avec la Région, l’État, l’Europe. Aujourd’hui vice-présidente de la Nouvelle-Aquitaine en charge de l’aménagement du territoire et des politiques contractuelles, elle mesure combien cette échelle change la donne. « Heureusement que l’Est-Gironde a une agglomération forte. »
Les sénatoriales dans un coin de la tête
Car la suite se joue là. Conseillère régionale depuis 2016, vice-présidente depuis 2021, elle pilote des dossiers lourds : sobriété foncière, schéma régional d’aménagement (le fameux Sraddet), contrats de territoire. Douze départements, des dizaines d’intercommunalités, des maires à convaincre. « C’est passionnant mais très exigeant. » En avril, elle présentera une nouvelle vague de contractualisation pour 2026-2028. Sans oublier la présidence de l’Établissement public foncier (EPF), institution aussi méconnue du grand public qu’essentielle aux élus.
Ne plus être première adjointe, c’est aussi s’alléger. « Ça peut être mature pour moi comme pour la ville que je ne me représente pas. » Elle refuse l’idée d’un mandat à vie. Dix-neuf ans, dit-elle, c’est déjà long. Elle reste Libournaise et n’exclut rien pour l’avenir. Les sénatoriales ? « Ça correspond à mon parcours », concède-t-elle. Une perspective que Philippe Buisson juge crédible : il estime qu’elle est « désormais une élue incontournable de l’exécutif régional » et qu’elle « ferait une remarquable sénatrice de la Gironde », ajoutant qu’elle « coche toutes les cases » pour être choisie par le PS.
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