Municipales 2026 à Libourne : les candidats condamnés à la surenchère sur le thème de la sécurité

Sur le même sujet

La sécurité, rappellent les candidats à l’unisson, est avant tout une compétence de l’État. Et on ne peut pas tout demander au maire. La commune a cependant mis des moyens sur la table, en relation étroite avec la justice et la gendarmerie. Avec des résultats quantifiables. Le débat portait cependant moins sur ce que nous disent les chiffres – qui sont bons, les violences intrafamiliales et le trafic de stupéfiants restant des points noirs – que sur ce qu’ils ne racontent pas. Le toujours nébuleux « sentiment d’insécurité ». Mais aussi cette zone grise, « les infractions du quotidien que les Libournais subissent sans toujours porter plainte », argumente Christophe Gigot (Notre parti c’est Libourne, divers droite).

Caméras

Philippe Buisson (Libourne !) a imposé le rythme, s’appuyant tant sur son bilan que sur un programme déjà écrit. Et de décrire une police municipale « partie de rien ou presque » pour attendre un effectif de 22 personnels, avec brigade de nuit et brigade canine. « Nous avons été les premiers en Gironde à armer nos policiers », lance-t-il. Libourne revendique également avoir été la première commune de zone gendarmerie à signer un Contrat de sécurité intégrée.

La commune compte aujourd’hui quelque 200 caméras de vidéoprotection (2) pour 364 flux vidéo. Le maire sortant entend muscler encore l’effectif de la police municipale pour créer notamment une brigade motorisée. « Et étendre la vidéoprotection à raison de 10 à 15 caméras par an. » Le candidat ambitionne ailleurs de créer une « Maison d’accueil des victimes », guichet unique pour faciliter l’accompagnement des particuliers dans leur dépôt de plainte, quelle que soit l’ampleur du préjudice.

Recrutements

La réponse ses détracteurs ? « Tolérance zéro » du côté de Franck Daniel de Roland (Une ligne droite pour Libourne, soutenu par l’UDR et le RN), lequel propose de porter l’effectif de la police municipale à 28 personnels. Avec certains qu’il souhaite affecter au visionnage de vidéoprotection, d’autres sur le terrain avec des horaires de nuit étendue jusqu’à 7 heures, ou même à la brigade cynophile qu’il entend muscler. De nouvelles caméras sont également envisagées « au sein des quartiers » ainsi que la mise en place des bornes rétractables « pour la sécurité des personnes », les manifestations de Noël ayant fait entrer Libourne dans une autre dimension en termes de fréquentation.

Christophe Gigot, a priori plus modéré, va cependant plus loin, proposant un recrutement important, presque un doublement de l’effectif de la police municipale pour garantir « une présence 24 heures sur 24 », sur le terrain comme au Centre de supervision urbain, « pour une intervention immédiate ». L’élu d’opposition propose lui aussi la création d’une brigade « mobile », mais cette fois cycliste, et une brigade cynophile musclée. « Il faut plus de présence des policiers sur le terrain. Pour dissuader avant d’avoir à intervenir. En termes de délinquance mais aussi d’incivilités. »

Financement

La question en suspend ? Le financement. Franck Daniel de Roland chiffre sa proposition à 320 000 euros. Christophe Gigot n’avance pas de chiffre, mais Philippe Buisson, critique, estime le coût du projet de son adversaire à « 2 ou 3 millions d’euros ». Chacun assume les budgets affectés. « Il faudra faire des choix », affirme Christophe Gigot.

(1) La liste Libourne pour la paix, soutenir par LFI, n’était pas représentée.
(2) Le terme « vidéoprotection » s’applique, indique la Cnil, aux caméras de surveillance de l’espace public.

Cet article a été publié en premier sur https://www.sudouest.fr/gironde/libourne/municipales-2026-a-libourne-les-candidats-condamnes-a-la-surenchere-sur-le-theme-de-la-securite-27773240.php