Un entraîneur de judo de Castillon-la-Bataille, en Gironde, âgé de 55 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire ce dimanche. Deux femmes, mineures au moment des faits, l’accusent de viols et d’agressions sexuelles entre 2000 et 2013. Les habitants se disent profondément choqués.
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Personnage bien connu de cette petite ville de 3 300 habitants, située au sud-est de Libourne en Gironde, Fabrice Z., 55 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire ce dimanche 8 février. L’entraîneur du club de judo local est soupçonné de viols et d’agressions sexuelles sur deux femmes, mineures au moment des faits, qui auraient été commis entre 2000 et 2013.
Sur place, les Castillonnais ne cachent pas leur stupéfaction et leur effroi, à commencer par le maire Jacques Breillat. “Nous sommes sidérés et horrifiés ; sidérés parce que personne ne s’attendait à cette nouvelle, et horrifiés compte tenu de la gravité extrême des faits qui sont de nature criminelle, confie l’édile. Nos pensées vont immédiatement aux victimes et aux familles, et nous devons gérer l’inquiétude de l’ensemble des personnes qui ont, ou ont eu leurs enfants dans ce club de judo.”
“Depuis hier, on ne parle que de ça, embraye Chantal, habitante de Castillon-la-Bataille. Dans un premier temps, je me suis dit : “ce n’est pas possible.” Je l’ai encore revu sur un marché en décembre, j’étais toujours contente de le voir, et lui était toujours souriant. Comme quoi on ne sait jamais qui on a en face de soi. Le diable peut se cacher en chacun de nous.”
Je connais sa maman, son ex-épouse, ses enfants… Ce sont des vies qui volent en éclats.
Chantal, habitante de Castillon-la-Bataille
Devant le dojo, un membre du club, qui n’était pas en fonction au moment des faits, se dit lui aussi “horrifié”, et souligne la réaction immédiate des dirigeants. “Nous avons annulé le cours de vendredi à la dernière minute, dès que nous avons pris connaissance du recommandé qui lui interdit d’exercer. Le samedi, quand nous avons eu plus d’informations sur les faits qui lui sont reprochés, nous avons organisé une réunion avec les parents pour pouvoir parler de tout cela.”
L’un des membres du club confie sa stupeur./regions/2026/02/09/club-castillon-6989e1498a7d6936313671.jpg)
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© Ludovic Cagnato / France 3 Aquitaine
Le club s’est ainsi lancé à la recherche d’autres victimes potentielles. “On a épluché la liste des licenciés, on a essayé de voir si certaines personnes étaient parties de manière brutale, de se renseigner au niveau des jeunes… Forcément, on craint qu’il y ait d’autres victimes, mais on espère sincèrement qu’il n’y en aura pas d’autres”, lâche cet adhérent, la gorge nouée, au bord des larmes.
À l’image du maire, qui n’évoque “aucun signe avant-coureur”, ce membre du club avoue ne s’être douté de rien. “Il est arrivé que des enfants se fassent mal, mais il a toujours dit qu’il n’allait jamais seul dans le vestiaire avec eux. Il tenait à faire les soins sur le bord du tatami en présence de tout le monde. Il faisait attention à se comporter de manière très correcte en public, mais on s’aperçoit que derrière ça, il y a des actes horribles.”
Dans les rues de Castillon, Chantal abonde en ce sens. “Il a un environnement familial équilibré et rassurant, les parents lui accordaient une confiance absolue, confirme-t-elle. Rien ne laissait supposer cela”.
Pourtant, à en croire certains parents et habitants, la réputation de Fabrice Z. semble le précéder. “Ma fille l’esquivait lorsqu’elle était au collège. Elle a arrêté d’y aller car il la forçait à faire la bise et il lui touchait la poitrine à chaque fois”, réagit ainsi une mère de famille sur Facebook. “Il était temps…” assène par ailleurs un autre habitant.
Une cellule d’écoute est ouverte à partir de ce lundi en mairie. L’enquête, ouverte par le parquet de Libourne, se poursuit.
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