Nucléaire : l’Iran ne renoncera pas à l’enrichissement même en cas de « guerre »

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à Doha (Qatar), le 7 février 2026. Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à Doha (Qatar), le 7 février 2026.

Le ton a changé en à peine vingt-quatre heures. Si samedi 7 février, au lendemain de pourparlers sur le nucléaire avec Washington à Oman, Abbas Araghtchi, le chef de la diplomatie iranienne, avait qualifié l’atmosphère à Mascate de « très positive », dimanche, il a réaffirmé les lignes rouges de son pays, allant jusqu’à s’interroger sur le « sérieux » des Etats-Unis dans ces discussions.

Il a ainsi redit, lors d’un forum à Téhéran, que son pays ne céderait pas à la demande réitérée de Donald Trump de renoncer à l’enrichissement d’uranium, « même si une guerre nous est imposée » a-t-il souligné. « L’Iran a payé un prix très lourd pour son programme nucléaire pacifique et pour l’enrichissement d’uranium », a souligné M. Araghtchi.

« Pourquoi insistons-nous autant sur l’enrichissement [d’uranium] et nous refusons d’y renoncer même si une guerre nous est imposée ? Parce que personne n’a le droit de dicter notre conduite », a insisté le diplomate.

« Un pas en avant »

Le ministre des affaires étrangères a également mentionné, sans plus de détails, que l’Iran pouvait envisager « une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire », en contrepartie d’une levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie iranienne. Mais il s’est ensuite interrogé sur le « sérieux » des Etats-Unis à « mener de véritables négociations », lors d’une conférence de presse à laquelle l’Agence France Presse (AFP) a assisté. L’Iran « évaluera l’ensemble des signaux et décidera de la poursuite des négociations », a-t-il affirmé.

Le déploiement militaire américain « ne nous effraie pas », a-t-il encore assuré, au lendemain d’une visite de l’émissaire américain, Steve Witkoff, à bord de l’Abraham Lincoln, navire amiral de la force navale américaine déployée dans le Golfe. Ces dernières semaines, Donald Trump a multiplié les menaces d’intervention militaire en Iran, d’abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir du mouvement de contestation en janvier, puis pour pousser Téhéran à un accord.

Après les pourparlers de vendredi – les premiers depuis les bombardements américains sur des installations nucléaires iraniennes en juin dernier –, le président américain a salué des « très bonnes » discussions, affirmant qu’elles se poursuivraient « en début de semaine prochaine ». Les pourparlers « menés avec le soutien de gouvernements amis de la région, constituent un pas en avant », a aussi déclaré, dimanche sur X, le président iranien, Massoud Pezeshkian sur X.

Samedi, M. Araghchi avait dit s’être mis d’accord avec Washington pour tenir « bientôt » une nouvelle session de discussions, relevant qu’il restait « encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance », dans un entretien avec la chaîne qatarie Al Jazeera.

Le Monde avec AFP

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