En Iran, les images d’une répression à balles réelles

La répression de la dernière vague de contestation en Iran a été sans commune mesure avec les précédentes, tant par son ampleur que par les moyens déployés, mais aussi parce que les dirigeants iraniens l’assument de plus en plus ouvertement. Dans un premier temps, le régime a nié toute responsabilité dans la mort de simples manifestants, présentant les morts comme des « émeutiers » ou des « terroristes » qui auraient tué des citoyens innocents et des membres des forces de l’ordre. La reconnaissance du rôle des forces gouvernementales n’est intervenue que plus tard : le 3 février, Esmaïl Kowsari, ancien commandant des gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, et député, a confirmé l’usage d’armes par le régime contre les manifestants.

Il a affirmé que, durant les manifestations, certains avaient tenté d’accéder à des « centres de police, des bases des bassidji [la milice religieuse] et d’autres sites sensibles ». Selon lui, les forces de sécurité n’étaient pas armées avant jeudi 8 janvier, la nuit où la contestation, déclenchée le 28 décembre 2025, a pris de l’ampleur après l’appel à manifester du fils du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi. « A ce moment-là, le Conseil suprême de sécurité nationale [chargé des décisions sécuritaires] a décidé que les forces de la police, des bassidji et des gardiens de la révolution interviendraient armées afin de neutraliser la situation », a déclaré Esmaïl Kowsari, cité par le site d’information Rouydad24.

Le Monde a pu vérifier des vidéos attestant l’usage d’armes de guerre par les forces du régime contre les manifestants.

Les forces de l’ordre iraniennes emploient des armes de guerre

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