
Docteur en études slaves et directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Lukas Aubin est notamment l’auteur de La Sportokratura sous Vladimir Poutine. Une géopolitique du sport russe (Bréal, 2021) et de Géopolitique de la Russie (La Découverte, 2025). Il vient de publier Les Etats fantômes. Palestine, Transnistrie, Taïwan, Liberland… Ces territoires non reconnus qui bousculent l’ordre mondial (Eyrolles, 192 pages, 19,90 euros).
Le Comité international olympique (CIO) a confirmé la participation de 13 athlètes russes aux Jeux d’hiver qui se sont ouverts, vendredi 6 janvier, à Milan. Est-ce une victoire pour Moscou ?
Si c’est le nombre le plus faible d’athlètes russes aux Jeux olympiques (JO) depuis plus de cent ans, c’est bel et bien une étape de la réintégration de la Russie dans le sport mondial. Certes, ces 13 sportifs devront concourir sous bannière neutre. Pourtant, il faut dézoomer. Le comité paralympique, lui, a d’ores et déjà annoncé réintégrer la Russie, avec drapeau et hymne. La Fédération internationale de judo a fait de même, fin 2025. Un tournant important. Ces compétitions font office de poisson-pilote pour le retour progressif de la Russie, dont l’exclusion a débuté à la suite des Jeux d’hiver de 2014, organisés chez elle, à Sotchi, et les révélations sur le dopage d’Etat. Les institutions du sport international ont hésité puis, en décembre 2020, décidé une exclusion du pays des compétitions pour deux ans. Elles l’ont rendue indéfinie, trois jours après l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février 2022.
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