Le grand saut d’Audi en Formule 1 n’aura pas attendu la première course pour révéler sa brutalité. À Barcelone, pour ses premiers essais privés officiels, la marque aux anneaux a pris de plein fouet la réalité du paddock : celui d’un championnat où chaque détail technique peut faire basculer des mois de travail.
Et le constat est sans détour. Entre problèmes de fiabilité, roulage limité et ajustements permanents, Audi a accumulé les données… mais aussi les inquiétudes. Mattia Binotto, directeur du projet F1, n’a pas cherché à minimiser l’ampleur de la tâche. Bien au contraire :
« C’est beaucoup de travail pour toute l’équipe, beaucoup de travail pour les pilotes, pour les ingénieurs restés à l’usine : corriger tous les problèmes, le design, l’opérationnel, tout ce que nous avons vu. Donc, pour nous, vraiment, rien ne doit être laissé au hasard : tous les détails doivent être gérés d’une manière ou d’une autre et doivent être corrigés. »
Le chantier est global. Technique, structurel, opérationnel. Et surtout inédit, même pour un dirigeant aussi expérimenté que l’ancien patron de Ferrari :
« Nous avons donc une très longue liste, une liste très, très longue, je n’ai jamais vu une liste aussi longue. Mais encore une fois, je pense que c’est une bonne chose parce que l’équipe est vraiment investie, désireuse de progresser et, d’une certaine manière, d’arriver à Bahreïn dans de meilleures conditions. »
Un aveu lucide, qui en dit long sur la phase de construction dans laquelle se trouve Audi. Car contrairement à Cadillac, qui part d’une feuille blanche, Audi s’appuie sur la base Sauber… tout en développant sa propre unité de puissance, dans un contexte de révolution réglementaire. Un double défi.
À lire aussi :
F1 : Ocon dévoile un casque très symbolique avec un détail fort qui en dit long sur ses ambitions
Un kilométrage révélateur pour Audi
Les chiffres, eux, confirment les difficultés. Avec Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto, Audi a à peine dépassé les 1000 kilomètres en trois jours à Barcelone.
Un total qui place l’écurie parmi les moins assidues de la semaine — à plus du double de distance parcourue par Mercedes ou Ferrari.
Binotto l’assume :
« Si l’on regarde le tout premier jour, beaucoup de problèmes nous ont arrêtés, ont ralenti le programme de roulage, comme lors du deuxième jour. Plus nous roulons, plus nous apprenons, et je pense que nous en sommes vraiment à ce stade-là. C’est un projet fantastique, comme nous le croyons tous, nous sommes tous investis, mais nous savons aussi qu’il y a encore beaucoup à construire, beaucoup à développer.
Mais encore une fois, ces trois jours de roulage ont été très, très importants ; je pense que nous nous en sortons plutôt bien compte tenu de là où nous en sommes dans notre parcours. La fiabilité est toujours un point très critique, mais nous avons rencontré plusieurs problèmes, des petits, rien de dramatique, et je pense que là encore il y a beaucoup de positif pour la suite. »
Le message est clair : le projet avance, mais la route est longue. Très longue. Car entrer en F1, ce n’est pas seulement poser quatre roues sur la grille. C’est bâtir une organisation, une technologie, une culture de la victoire.
Et aujourd’hui, Audi ne joue pas encore le championnat. La marque apprend d’abord à passer les rapports… avant d’espérer un jour passer la concurrence.
Podcasts à la une
MEN LIFE
Pour résumer
Audi a connu des débuts studieux mais difficiles lors de ses premiers essais F1. Fiabilité, roulage limité et développement moteur composent une liste de travail colossale selon Mattia Binotto. Le projet progresse, mais la marque aux anneaux mesure déjà l’ampleur du défi qui l’attend.
Rédacteur
Cet article a été publié en premier sur https://sports.auto-moto.com/f1/actualite/f1-audi-decouvre-lampleur-du-defi-et-binotto-tire-deja-la-sonnette-dalarme-28170