Flashé par un radar, il tente une combine improbable pour éviter l’amende… et l’addition finale est bien plus salée que prévu

Tout commence comme des milliers d’histoires routières ordinaires. Un radar automatique, implacable et silencieux, flashe un véhicule en excès de vitesse sur la commune de Tourcoing, dans le Nord. Quelques kilomètres/heure de trop, une amende à la clé, et la promesse d’un retrait de points. Rien d’exceptionnel, si ce n’est la décision prise par le conducteur de ne pas assumer.

Âgé de 41 ans, l’automobiliste choisit la voie de la contestation. Il remplit le formulaire réglementaire et désigne un autre conducteur comme responsable de l’infraction. Une pratique de plus en plus répandue, encouragée par de mauvaises idées circulant sur les réseaux sociaux, où certains promettent d’échapper aux sanctions en jouant avec les failles supposées du système.

Une pratique connue des tribunaux

Au tribunal de police de Lille, ces dossiers ne surprennent plus personne. Chaque semaine, des affaires similaires s’empilent sur les bureaux des magistrats. Les méthodes se ressemblent : identité empruntée, parfois inventée, parfois réelle. Les victimes collatérales, elles, peuvent vivre un véritable cauchemar administratif avant de prouver leur innocence.

Mais dans ce dossier précis, la tentative de fraude franchit un cap. L’homme désigné par le prévenu n’est pas seulement introuvable : il est décédé. Une information que les services judiciaires établissent très rapidement lors des vérifications d’usage. La combine, déjà fragile, s’effondre brutalement.

Une défense aussi floue que maladroite

À l’audience, le prévenu se présente désarmé. Il se dit perdu, confus, incapable d’expliquer comment il a pu fournir l’identité d’un homme mort. Face au tribunal, le silence est pesant, presque gênant. Les explications manquent, la logique aussi. L’impression d’un homme pris à son propre piège domine les débats.

Le représentant du ministère public ne cache pas son agacement, glissant même une pointe d’ironie face à cette amnésie sélective. L’affaire prête à sourire, mais le parquet rappelle fermement que la justice, elle, ne s’amuse pas avec ce type de manœuvres.

La justice rappelle les règles du jeu

Le tribunal est clair : désigner sciemment un autre conducteur pour éviter une sanction constitue une infraction pénale. Peu importe que la personne désignée soit vivante ou non, connue ou inconnue. L’intention frauduleuse suffit à caractériser la faute. Et dans ce dossier, elle ne fait aucun doute.

Le quadragénaire persiste dans une défense minimaliste, niant toute volonté délibérée sans jamais convaincre. Cette absence d’arguments solides ne fait que renforcer la position du ministère public.

Une sanction plus lourde que l’amende initiale

Le verdict tombe, sans surprise. Le conducteur est condamné à 500 euros d’amende. Une somme bien supérieure à celle qu’il aurait réglée en acceptant simplement son excès de vitesse. Une addition salée, et surtout une leçon sévère.

À vouloir jouer avec les radars, certains automobilistes oublient une règle élémentaire : face à la loi, la combine coûte presque toujours plus cher que la faute initiale.

Pour résumer

Flashé pour un excès de vitesse à Tourcoing, un automobiliste de 41 ans a tenté d’échapper à l’amende en désignant un autre conducteur. Problème : l’homme incriminé était décédé. Rapidement démasquée, la fraude a conduit le prévenu devant le tribunal de Lille, qui l’a condamné à 500 euros d’amende, bien plus que la sanction initiale.

Jules Sessiwede

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