Dans le brouillard persistant de l’endurance mondiale, Alpine vient d’allumer – sans totalement éclairer – un premier phare sur son avenir.
Depuis plusieurs semaines, les spéculations s’intensifiaient : disparition de la marque, retrait brutal du programme Hypercar, abandon du Mans… Autant de scénarios alarmistes qui ont poussé le constructeur français à réagir.
Mais la réponse d’Alpine n’a pas totalement dissipé les doutes. Un porte-parole de la marque a tenu à rétablir une première vérité, ferme et sans ambiguïté : « Non, la marque ne va pas être arrêtée. »
En revanche, sur le cœur du sujet — son engagement en FIA WEC — le discours est resté nettement plus nuancé. La possibilité d’un retrait à l’issue de la saison 2026 n’a pas été infirmée, laissant comprendre que la réflexion stratégique est bien en cours.
Ce flou intervient dans un contexte de transformation interne majeure. Longtemps porté par Luca de Meo, le projet Alpine s’inscrivait dans une vision à très long terme. L’ancien patron de Renault assumait un horizon de développement lent mais ambitieux, estimant qu’il faudrait près de vingt ans pour rivaliser avec Porsche.
Son successeur, François Provost, semble aujourd’hui redessiner les priorités. Et c’est précisément ce changement de gouvernance qui alimente l’hypothèse d’un retrait du programme endurance.
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Un programme Alpine fragilisé malgré les investissement
Car sportivement, Alpine n’a jamais cessé d’investir. Présente en endurance depuis 2013 avec Signatech, la marque a gravi les échelons : huit saisons en LMP2, un passage en Hypercar dès 2021, puis un retour complet en 2024 avec l’A424.
Un prototype conçu autour d’un concept aérodynamique à faible traînée, pensé pour briller notamment aux 24 Heures du Mans. Mais plusieurs facteurs ont freiné son élan.
Entre problèmes techniques, introduction d’un système de Balance of Performance à deux niveaux et perte de son avantage conceptuel, Alpine n’a pas concrétisé ses ambitions.
Pour 2026, une évolution majeure a pourtant vu le jour : nouvelle carrosserie générant davantage d’appui, récemment testée à Portimão avec plus de 1 250 kilomètres couverts.
Preuve que le programme continue de se développer… au moins à court terme. Mais en coulisses, d’autres signaux inquiètent. Le départ à la retraite de Bruno Famin, les interrogations autour du site moteur de Viry-Châtillon — rebaptisé Hypertech après la perte du projet F1 — ou encore le contexte financier du groupe Renault fragilisent l’équation globale.
Officiellement, rien n’est acté. Officieusement, tout reste ouvert. Alpine avance donc sur une ligne de crête : investir pour performer… tout en évaluant la pertinence de rester.
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Pour résumer
Alpine dément toute disparition de la marque, mais n’exclut pas un retrait du WEC après 2026. Malgré des investissements techniques sur l’A424, les changements stratégiques internes et le contexte financier entretiennent le doute sur l’avenir du programme Hypercar.
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