La scène se déroule vendredi 30 janvier, à la sortie des classes du Collège catholique Samuel-Genest, à Ottawa. Comme chaque jour, une quarantaine de collégiens monte à bord du bus chargé de les ramener chez eux, dans le quartier de Vanier. Rien ne distingue alors ce trajet des autres, si ce n’est l’excitation palpable d’élèves pressés de rentrer, rieurs, bruyants, parfois incontrôlables.
Selon le Consortium de transport scolaire d’Ottawa (CTSO), le niveau sonore monte rapidement. Les rappels à l’ordre se multiplient, sans effet durable. Le conducteur, seul maître à bord, voit sa concentration mise à rude épreuve. Dans un courriel adressé aux parents et consulté par Radio-Canada, l’organisme évoque un chauffeur qui « a perdu patience en raison de l’agitation de certains élèves ». Une phrase administrative pour un débordement humain.
Un bus immobilisé, un chauffeur qui s’en va
À mi-parcours, près d’un centre commercial, le chauffeur immobilise soudainement le véhicule. Le moteur est coupé. Puis l’impensable se produit : l’homme quitte le bus, laissant les enfants seuls à l’intérieur. Pas d’explication, pas de relais immédiat. Juste un silence pesant, chargé d’incompréhension et d’inquiétude.
Parmi les passagers, une adolescente de 14 ans garde son sang-froid. Elle alerte immédiatement la police. Les forces de l’ordre arrivent peu après pour sécuriser la situation et prendre en charge les collégiens. « C’est inquiétant. C’est la vie de nos enfants qui est dans ses mains », confie Cristina Carvalho, la mère de l’élève, encore sous le choc. Les mots sont simples, mais lourds de sens.
Parents choqués, autorités en alerte
Rapidement, un autre chauffeur est réquisitionné pour assurer la fin du trajet et raccompagner les enfants à leur domicile. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident laisse des traces. Car au-delà de la peur, c’est la confiance qui vacille.
Le CTSO a annoncé le licenciement immédiat du conducteur et l’ouverture d’une enquête interne. Son directeur assure n’avoir « jamais été témoin d’une telle situation ». La police d’Ottawa a également ouvert une enquête pour faire toute la lumière sur les faits. Si l’agitation des élèves est reconnue, elle ne saurait justifier un abandon aussi grave, rappelant que le transport scolaire repose sur une responsabilité majeure : celle de la sécurité des enfants.
Quand la fatigue humaine rencontre l’exigence professionnelle
Ce fait divers, aussi spectaculaire que dérangeant, met en lumière une réalité souvent ignorée : la pression quotidienne exercée sur les chauffeurs de bus scolaires. Bruit constant, responsabilité permanente, marges d’erreur inexistantes. Mais l’émotion, même compréhensible, ne peut jamais prendre le pas sur le devoir.
À Ottawa, cet épisode fera date. Comme un rappel sévère que dans le vacarme d’un bus scolaire, le calme n’est pas une option : c’est une obligation.
Pour résumer
À Ottawa, un chauffeur de bus scolaire a abandonné quarante collégiens en plein trajet, excédé par leur agitation. L’incident, survenu près d’un centre commercial, a choqué parents et autorités. Le conducteur a été licencié et une enquête est en cours.
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